Le 8 septembre 2009
Gordel, Bretelle et Canada Dry …
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Yvan de Beauffort, organisateur de La Bretelle-De Bretel |
Ce premier dimanche de la rentrée de septembre, les organisateurs du Gordel et de la Bretelle, parfaitement au diapason, ont répété qu’il ne s’agissait aucunement de marquer son opposition à qui que ce soit. Yvan de Beauffort, initiateur de la Bretelle, déclare même que les deux événements sont complémentaires, en se réjouissant que cette année l’événement ne soit plus perçu comme une provocation. En parfait gentleman, il entretient d’ailleurs des contacts excellents avec ses homologues du Gordel et témoigne que ceux-ci sont empreints de « sympathie et de respect mutuel ». Même discours pacifiste du côté du Gordel qui, selon ses organisateurs, est avant tout un événement sportif et familial. Il est vrai que celui-ci a la couleur du sport. Et qu’il ressemble à du sport. Au goût, cela reste bien sûr du communautaire. Mais c'est inévitable. Lorsque certaines personnalités politiques se saisissent de l’occasion pour s’exprimer librement et démocratiquement, « on ne peut pas l’empêcher », explique l’organisatrice du Gordel. Bien présents au départ de la Bretelle, les trois bourgmestres non nommés de la périphérie n’en pensaient pas moins.
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| Les trois bourgmestres non nommés de la périphérie étaient là |
Présence remarquée des trois bourgmestres non nommés
Pour François van Hoobrouck, si la Bretelle est là pour symboliser la nécessité de « marquer les liens entre Bruxelles et sa périphérie », c’est bien contre « la prétention du Gordel à vouloir souligner le caractère flamand de la périphérie bruxelloise ». Arnold d’Oreye, Bourgmestre de Crainhem, souligne pour sa part que si des communes comme Overijse ou Zaventem ont refusé de recevoir la Bretelle, c’est « tout de même très symptomatique du caractère politique de cette manifestation ». Au passage, il convient de noter que les communes à facilités avaient à l’inverse toutes décidé de donner libre accès aux participants du Gordel sur leurs territoires. L’année dernière, la Flandre entière s’élevait comme un seul homme à l’idée d’une possible interdiction de faire passer le Gordel sur le territoire de Wezembeek-Oppem et Crainhem. Par contre, le refus effectif de deux communes flamingantes de voir passer la modeste Bretelle par chez eux n’aura pas arraché un bâillement à aucun responsable politique.
Soutiens politiques et soutien politique
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Présence du cdH André du Bus |
Pour les partisans et les supporters de la Bretelle, s’il s’agit uniquement de développer des liens entre régions voisines, n’est-il donc plus question d’élargissement de Bruxelles ? Pas si vite. Il faut noter que la précision « grande » périphérie offre la liberté de penser à autre chose concernant la « petite », entendez les communes à facilités. Cette petite nuance avait son importance dans l’appel à participer à la Bretelle lancé par le FDF et le MR. Ces formations politiques n’étaient pas les seuls représentées, car des responsables du cdH sont venus pédaler de concert. Pour André du Bus, ce fut l’occasion d’une seconde participation. Faite « avec enthousiasme », a-t-il ajouté en se réjouissant de voir l’événement se reproduire pour la seconde année consécutive. Pour le Chef de Groupe cdH au parlement bruxellois, il semble qu’il existe un noyau FDF-MR-cdH pour soutenir la Bretelle. Beaucoup plus discret, un élu Ecolo de Wezembeek-Oppem est passé en coup de vent, juste pour « dire un petit bonjour ». Pas un seul représentant du PS à l’horizon. Mais bien un sympathisant notoire du VLD bruxellois venu partager le croissant de l’amitié.
Le Gordel « aime » la périphérie
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Le logo qui figurait sur le tee-shirt d'Eric Van Rompuy |
A quelques kilomètres de là, quelques francophones étaient en train de participer au Gordel en se réclamant comme tel, comme pour donner du poids aux affirmations apolitiques de ses organisateurs. Mais comme d’habitude et sans surprise, la course qui prétend ceinturer Bruxelles a ressemblé au Grand Prix du Bon flamand. De façon soft lorsque le Premier Ministre Herman Van Rompuy enfourche sa bécane depuis sa maison de Rhode-Saint-Genèse, en prenant bien soin de refuser toute déclaration au sujet de la scission de BHV. De façon hard quand son frère Eric arbore un tee shirt où il déclare son amour pour les six communes à facilités. Histoire de réitérer son refus d’un élargissement de la Région bruxelloise, tout comme l’exigence d’une scission de BHV « sans aucune compensation ». Mais bon, soit. De toute façon, l’amour d’Eric est platonique. Les habitants de Crainhem et Wezembeek-Oppem n’étouffent pas sous ses constants assauts de tendresse. Lorsqu’il laisse à son camarade Etienne Schouppe le plein loisir de nier l’Etat de droit pour survoler l’Oostrand en rase-motte au lieu de zones non aedificandi, en fonction de normes de vent immorales, on ne peut pas dire qu’il soit trop envahissant.
Rien de bien méchant
Au total, de part et d’autre, l’ambiance aura été plutôt bon enfant cette année. Certes, quelques clous ont été semés sur le parcours du Gordel à hauteur de Crainhem. Mais sans concession faite à cette vieille tradition folklorique, certains habitués faisaient aveux qu’ils auraient été un peu déçus. Car ils auraient alors emporté pour rien une provision de chambres à air de rechange. Le moment le plus tragique de la journée aura été une courte immobilisation de Marianne Thyssen. Un activiste nationaliste, tout fier, se rengorgeait d’avoir réussi à attacher un cadenas à la roue avant de la Présidente du CD&V, prétendant ensuite ne pas savoir qui avait la clé. Une flopée de caméras se sont aussitôt braquées sur la mine renfrognée d’une des éminences politiques les plus puissantes de Flandre. Avec son casque de vélo et ses vêtements de cycliste, elle avait pourtant un look vraiment très sportif.
GVODY
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