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Les renards dans nos jardins, amis ou ennemis ?

 

 

C’est entre mars et mai que naissent les renardeaux. Une nouvelle génération s’ajoute à la population déjà importante des renards qui peuplent les espaces verts en zone urbanisée. Leurs terriers se trouvent au fond des jardins ou dans les parcs. Parfois dans la cave d’un bâtiment ou sous un tas de bois. Année après années, depuis environ vingt ans, les renards se sont multipliés dans les villes en s’habituant à la présence humaine. Au sud-est de Bruxelles, la population vulpine peut atteindre 4 groupes familiaux au km carré. Les renards sont de moins en moins timides. A tel point qu’il est devenu courant de voir de roux goupils traverser la rue en vous regardant, sans trop se presser, ou s’installer un moment au soleil tout au bout de votre pelouse. Il y a encore quelques années, pouvoir observer un renard en plein jour tenait encore de l’exceptionnel.

 

Pas de danger sanitaire

 

 

       

Selon une étude de l’Institut Pasteur de Bruxelles, aucun cas de rage n’a jamais été observé en Région bruxelloise. L’étude précise que le risque est nul en Belgique depuis 2001, ce que l’OMS a reconnu comme tel. Des contrôles réguliers sont de toute façon maintenus. Reste l’échinococcose alvéolaire, une maladie du foie potentiellement mortelle pour l’homme causée par un parasite qui s’installe dans l’estomac du renard. C’est pourquoi il sera toujours prudent d’éviter de manger les fruits, champignons et baies qui se trouvent à moins de 60 cm du sol, c'est-à-dire à portée des projections de leurs excréments. Il est également souhaitable de ne pas laisser de petits enfants jouer à même le sol là où ils pourraient porter à la bouche des objets. Mais pas de panique, pour l’heure les renards vivant en Région bruxelloise ne sont pas porteurs du parasite en question. C’est à titre de précaution que la vigilance est de mise.

 

Que mange un renard ?

 

Cela dépend de son lieu de vie. En ville, plus d’un quart de son alimentation est puisée dans les déchets ménagers. C’est pourquoi il est fréquent de voir nos poubelles en sacs plastique déchirées et délestés de leur contenu. Il faut prendre la précaution de les poser en hauteur. Mais elles restent alors à la portée des chats ... Sortir ses poubelles le moins longtemps possible avant le ramassage est une solution. Un container en plastique dur constitue la protection ultime. Le renard se nourrit aussi bien de viande que de végétaux. Un peu charognard, il s’intéresse aux chats et chiens écrasés. Par contre, il ne les attaquera jamais s’ils sont en vie. Evidemment, si vous possédez un poulailler, il sera nécessaire de l’équiper spécialement. Les arbustes fruitiers sont des invitations à festoyer. De même que l’écuelle du chat posée dehors. Pas mal de gens leur offrent aussi volontairement de quoi manger. Rongeurs, insectes et invertébrés s’ajoutent au menu du vulpes vulpes, nom scientifique du renard roux. Bon à savoir, le renard est un prédateur du rat et à ce titre il peut être considéré comme un animal très utile en milieu urbain.

 

Les ennemis du renard des villes

 

Les automobiles, surtout. Nombreux sont les renards écrasés, à commencer par les plus jeunes qui partent à la recherche de nouveaux territoires dès septembre. En ville, peu de renards vivent plus de deux ans (1% atteint 5 ans). Les chiens sont comme de mémoire d’homme leurs ennemis jurés, surtout dangereux pendant les périodes de reproduction. Les hivers rigoureux à l’origine de malnutrition sont un autre facteur. Il reste les pièges et le poison que certaines personnes utilisent pour les décimer. Il s’agit de cas rares et heureusement pour tous le monde car de telles pratiques sont strictement interdites. Elles sont même scandaleuses. Récemment, rue Chant d’oiseaux à Woluwé-Saint-Pierre, un renard a été trouvé agonisant la patte prisonnière d’une mâchoire d’acier. Celui qui a posé ce piège réalise-t-il qu’il est difficile de faire souffrir davantage un animal, en l’occurrence appartenant à une espèce protégée ? Et si un enfant était venu jouer par là ?

 

Un renard n’attaque jamais un humain

 

Même les nourrissons n’ont rien à craindre des renards. Ceux-ci ont bien trop peur des hommes. Tout au plus un renard pourra mordre pour se défendre. Il faut donc éviter de tenter de les attraper ou de s’approcher trop près d’un renard blessé ou juvénile. Au total, si parfois la présence du renard inquiète certaines personnes, il faut reconnaître aux renards qu’ils ne constituent pas une grande nuisance pour les habitants des quartiers urbains où ils se multiplient. Point n’est besoin non plus d’imaginer un monde où les renards pulluleraient littéralement. Leur nombre est fonction directe de la quantité de nourriture sur un territoire donné et donc s’autorégule. Quant à nos lecteurs qui rêveraient au contraire de pouvoir se lier d’amitié avec un renard, il ne faut pas se faire trop d’illusion. Il n’y a guère eu que le Petit Prince de Saint Exupéry à qui un renard dit un jour « S’il te plaît, apprivoise-moi ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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