Le 6 octobre 2009
Mammifères d'hier et d'aujourd'hui en Forêt de Soignes
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Chasse au sanglier au moyen-âge |
Que reste-t-il des espèces originelles de mammifères ayant vécu en Forêt de Soignes ? Hors les humains, s’entend. Ceux que ces derniers ont bien voulu ne pas décimer. La forêt de Soignes est apparue il y a quelques dix mille ans. C’était un temps où une faune riche l’habitait sans devoir subir la pression destructrice des chasseurs, des forestiers et des traceurs de routes. Les aurochs et les élans s’y sentirent chez eux jusqu’au huitième siècle. Des ours bruns aussi, qui disparurent aux alentours de l’an mille. Les daims y ont proliféré jusqu’à la Renaissance, tout comme les castors. Ce fut le tour des lynx et des chats sauvages de disparaître au 18ème siècle. La révolution française fut contemporaine de l’extermination massive des sangliers, des cerfs et des chevreuils. Il n’en subsistait que quelques uns cent ans plus tard, avant que ce "grand gibier" soit totalement éliminé au début du 20ème siècle. Les derniers loups n'ont été abattus qu'en 1810. On fit le constat en 1842 de la disparition d'animaux moins féroces, les muscardins, de jolis petits rongeurs nocturnes que l’on nomme parfois "croque noisette". Plus récemment, ce fut au tour de la martre et du blaireau. Dans les années nonante, il était encore possible d’apercevoir les derniers lièvres, les dernières loutres.
Ceux qui sont restés
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Une chauve-souris très utile puisqu'elle peut manger plus de la moitié de son poids en insecte chaque nuit |
Essentiellement, ce sont les petits mammifères qui ont le mieux résisté. Surtout les rongeurs tels le mulot, le rat, la souris, le campagnol. Mais leurs principaux prédateurs ne les ont pas quittés. On trouve encore des belettes, des hermines et même des putois. Les lapins sont également toujours là, innombrables jusque sur le parcours de golf du club Ravenstein. Et il y a bien sûr les écureuils roux. Mais parmi les 39 espèces de mammifères qui subsistent actuellement, celle qui reste la mieux représentée en forêt de Soignes est la chauve-souris. Celles-ci apprécient particulièrement les arbres creux et les berges de la Woluwe. Pas moins de dix-huit variétés différentes sont observées. De plus en plus rarement, toutefois, car quatorze d’entre elles sont considérées comme des espèces menacées.
Ceux qui sont arrivés
Actuellement, les plus grands mammifères sont les chevreuils. Après la disparition complète des populations autochtones, ils furent réintroduits à plusieurs reprises et ce depuis la fin du 19ème siècle. Une récente étude parle de 120 chevreuils bruxellois et 70 en partie flamande. Ce qui est de toute façon considérable compte tenu de la pression constante qu’imposent les chiens en liberté, les voies rapides, les promeneurs "hors piste" et la raréfaction des futaies et fourrés. Suivent les sangliers, mais depuis peu. Ce n'est que depuis début 2007 qu'ils ont été aperçus. Ils pourrait y en avoir quelques dizaines. Personne ne sait s’ils sont venus par leur propres moyens ou si des amis anonymes du sanglier les y ont transportés. En troisième rang sur le plan de la taille, ce sont les renards roux qui sont venus grossir la population locale des mammifères. Dès les années cinquante, longeant les rails de chemins de fer, ils sont parvenus jusqu’aux abords de la ville où, désormais, ils ne craignent plus de s’aventurer. Enfin, aux alentours de 1980, ce furent les écureuils de Corée, ou tamias, qui vinrent s’ajouter. Ils seraient actuellement des milliers (le chiffre de 7500 a été avancé). C’est la première espèce exotique chez les mammifères de la forêt de Soignes. Mais écureuils roux et écureuils de Corée ne se gênent pas beaucoup l'un l'autre puisqu'ils ont l'habitude de vivre à des hauteurs d'arbre différentes. Eux au moins parviennent à coexister en respectant leurs territoires respectifs. A l'homme d'en prendre de la graine.
GVODY
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| Chevreuil femelle |
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