CRAINHEM - Le 28 avril 2010
Une motion "Elargissement" adoptée en parfaite solidarité à Crainhem
Lors du Conseil communal du 27 avril à Crainhem, les élus francophones rassemblés dans la liste Union ont voté à l'unanimité une motion en faveur de la réunion de la commune à la Région bruxelloise. Le texte adopté était différent de celui voté quelques jours auparavant à Linkebeek. L'accent y était mis sur la demande d'une approche "plus positive" et dépassionnée de la question de l'élargissement de la Région bruxellois aux seules communes à facilités.
Présentée avec toutes les précautions possibles afin de montrer que la démarche ne s'inscrit pas dans un esprit de provocation, la motion a été une démonstration de la solidarité qui existe entre les élus francophones de toutes orientations politiques à Crainhem quant au projet de réunion de la commune à la Région bruxelloise. Sujet à propos duquel les élus FDF, MR, PS, cdH et indépendant apparaissent fondamentalement sur la même longueur d'onde. A titre de démonstration, il a été significatif que ce soit un élu cdH qui ait rédigé intégralement le texte de la motion et que ce soit un de ses collègues humanistes qui l'ait lu pendant le Conseil communal. Démontrant ainsi que la demande d'élargissement de la Région bruxelloise n'est pas, dans les communes concernées, le fait du seul parti FDF.
A Crainhem, les élus francophones demandent d'une seule voix que l'on cesse de lier élargissement de Bruxelles et fin de la Belgique, en dénonçant le fait que cette idée provient des indépendantistes en Flandre qui la distillent ensuite dans les esprits influençables. En réalité, le désenclavement de Bruxelles via un élargissement cautionné par une consultation populaire dans les communes concernées rendra "plus difficile ou impossible une scission future de la Belgique", d'après le texte de la motion, car celle-ci impliquerait un éloignement de la Région capitale qui causerait l'appauvrissement de la Flandre. La possibilité de perdre tout lien privilégié avec Bruxelles, voilà de quoi convaincre les députés flamands du Vlaams Parlement de ne pas commettre l'irréparable.
Le fait est que le désenclavement de Bruxelles réalisé afin de conférer à la Région Capitale une position plus centrale obligerait la Flandre, aussi bien que la Wallonie, à entretenir les relations les plus positives possible avec le principal moteur économique du pays. Quoi de plus légitime qu'une telle demande formulée à nouveau par les élus francophones de Crainhem ? Car il s'agit de remplacer un mécanisme de cercle vicieux, ce qui caractérise le débat communautariste actuel, par un système qui consisterait en un cercle vertueux puisque de facto générateur de cohésion et de respect réciproque entre les entités fédérées.
C'est donc un appel à la sagesse, pour la recherche d'un véritable équilibre du pays autour d'une Région bruxelloise renforcée, que le Conseil communal de Crainhem a voulu lancer en votant cette motion. En présentant la voie de l'élargissement de Bruxelles comme un juste milieu, comme la solution de modération qu'elle devrait et pourrait être dans un dialogue plus mature entre les communautés.
GVODY
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Texte intégral de la motion :
"Le Conseil communal de Kraainem a tenu à s'adresser aux dirigeants politiques de notre pays, ainsi qu'à l'ensemble de sa population, afin de souligner la nécessité d'un dialogue véritablement équilibré entre les communautés dans le cadre des négociations qui détermineront l'avenir institutionnel de la Belgique.
Pour rendre un tel équilibre possible, le Conseil communal demande que le projet d'élargir la Région bruxelloise soit abordé dans un cadre de réflexion plus positif qu'il ne l'est aujourd'hui.
La sagesse appelle à considérer que la réunion à la Région bruxelloise des communes à facilités dont les habitants en exprimeront majoritairement la volonté permettra une stabilisation définitive de la frontière linguistique qui sera salutaire au bien commun.
Il serait absurde que des craintes alimentées au sein de la population flamande par d'anciennes rancœurs où une volonté de dramatisation délibérée prennent le pas sur une réflexion axée sur le respect des besoins légitimes de chacun, la seule digne d'une démocratie moderne et civilisée.
Le Conseil communal veut dénoncer de manière claire les motivations réelles des indépendantistes en Flandre qui rejettent l'idée d'un désenclavement de la Région bruxelloise négocié de façon pacifique parce qu'il rendrait plus difficile ou impossible une scission future de la Belgique.
La réunion de notre commune à la Région bruxelloise bilingue constitue le moyen le plus efficace pour garantir les droits fondamentaux des citoyens francophones qui sont régulièrement attaqués et soumis à l'incertitude juridique, tout comme ceux des néerlandophones dont la représentation démocratique sera là supérieure par rapport à toute autre situation en Europe.
Le Conseil communal demande également que les accords qui concernent la convention cadre du Conseil de l'Europe sur le respect des minorités soient appliqués et loyalement respectés."
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