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WOLUWE-SAINT-PIERRE - Le 18 septembre 2009

 

 

 

Le Comité des Dames blanches propose la voie du dialogue au Ministre Doulkeridis

 

Interview de Thomas Dallemagne

 

 

Thomas Dallemagne est l’un des principaux responsables de l’association des riverains qui s’est formé en réaction du projet de logement sociaux de l’avenue des Dames blanches. Il habite lui-même une maison qui est un ancien logement social de la cité-jardin voisine, le Vieux quartier. Nous l'avons interviewé afin qu'il nous expose son point de vue sur les perspectives qu’offre la nouvelle législature, avec le remplacement de la Ministre PS Françoise Dupuis par l’Ecolo Christos Doulkeridis.

 

 

Thomas Dallemagne représente le Comité des Dames blanches

 

 

Quel message de bienvenue souhaiteriez-vous adresser au Ministre Doulkeridis qui remplace Françoise Dupuis dans la gestion du dossier ?

 

Je lui souhaite d’abord beaucoup de courage pour prendre en charge la pile des dossiers gérés par Françoise Dupuis qui a laissé beaucoup de « cadavres » derrière elle. Il suffit de constater les situations d’opposition avec les riverains de logements sociaux en projet qu’elle a laissées à Ixelles ou à Uccle. Son remplaçant aura fort à faire pour relancer le dialogue avec les riverains, lequel n’a plus l’air d’exister aujourd’hui. Nous ne sommes pas dans un état d’esprit négatif vis à vis de Monsieur Doulkeridis. Nous voulons croire qu’il s’agit d’un homme ouvert avec qui il est possible de dialoguer. D’une certaine manière, cela nous ouvre de nouveaux horizons. Il a peut-être un point de vue différent que Madame Dupuis sur la façon de construire ces logements, sur la manière de gérer la mixité dans ces logements ainsi que toute la problématique liée à l’environnement. Nous prévoyons en tout cas de prendre contact avec lui.

 

Parmi les principaux arguments que votre association souhaite faire valoir, il y a le problème des infrastructures …

 

Sur le plan des voies d’accès, il faut voir que c’est un terrain qui est enclavé dans la forêt de Soignes. On ne peut pas tracer de nouvelles routes à travers cette zone protégée. Madame Dupuis voulait creuser une espèce de boulevard dans le Vieux quartier de logements sociaux, lequel est protégé par les Monuments et Sites. Elle voulait créer une voie de trafic intense sur l’avenue des Dames blanches qui est actuellement une zone où le trafic est limité, notamment parce qu’elle borde une importante plaine de jeu. Nous avons très peur de voir ces accès transformés en autoroutes urbaines et de voir apparaître des problèmes de congestion du trafic. Sur le plan des écoles, il faut savoir que celles qui existent sont toutes saturées. Pour les crèches, on parle de deux ans de file d’attente.

 

Sur le plan environnemental, sur quels aspects voudriez-vous que se penche particulièrement le Ministre Doulkeridis ?

 

Quand il pleut sur ce champ, il y a des caves ici qui sont inondées et on observe un effet jusqu’aux abords de Stockel. Si on bétonne toute cette surface, le problème va devenir critique. C’est un aspect que Madame Dupuis refusait de prendre en compte réellement. Sur son plan, on avait juste dessiné l’un ou l’autre petit étang, quelques flaques d’eau qui étaient censées réduire le problème des inondations. Ce n’est évidemment pas sérieux. En fait, elle reportait sur les services d’urbanisme la responsabilité de régler le problème une fois qu’il serait apparu. Il y a également le gros problème des atterrissages d’avions sur la piste 02, ce que Madame Dupuis refusait d’admettre. Alors que la moitié du total des plaintes contre les nuisances de l’aéroport sont envoyées à cause de la piste 02 ! Il faut dire que le PS a toujours été le plus silencieux à Bruxelles sur ce problème. Mais il faut être cohérent. Si le PS veut construire des logements sociaux à cet endroit, la moindre des choses est qu’il s’engage de tout son poids pour régler le problème des normes de vent qui conditionne l’usage de la piste 02. Cet aspect environnemental doit être pris en considération dans une vision plus globale du dossier. Est-ce parce qu’il s’agit de logement social que l’on pense pouvoir faire subir une des formes de nuisances aériennes les plus extrêmes aux gens qui vont habiter là ? Parce qu’ils sont censés moins protester du fait qu’ils reçoivent un logement social ? Je trouve qu’il n’y a pas pire point de vue.

 

Monsieur Doulkeridis va certainement souligner l’importance de la dimension sociale du projet. Votre réflexion intègre-t-elle les aspects sociaux du projet ?

 

Absolument. Pour nous, il est très important d’être en mesure de bien accueillir les habitants de ce nouveau quartier. Il faut un projet d’intégration à long terme où finalement cela bénéficiera à tous le monde. Nous sommes conscients du problème du logement à Bruxelles et de la nécessité de créer des logements sociaux. C’est un projet que nous ne rejetons pas. Mais pour qu’il réussisse, il faut veiller à la qualité de vie dans et autour de ce nouveau quartier. Sinon, on rendra les nouveaux arrivants malheureux et les habitants des quartiers avoisinants aussi. Il faut viser à ce que tous les gens qui vivent ici puissent acquérir le sentiment qu’ils font partie d’une même communauté. A cet égard, il y avait un point très problématique dans le projet de Madame Dupuis, qui était sa volonté d’accueillir 100% de locataires dans le nouveau quartier. Elle a toujours été ultra catégorique à ce sujet. Là, j’espère qu’il sera possible de mieux travailler avec Monsieur Doulkeridis puisqu’il s’est exprimé par ailleurs sur la nécessité de favoriser l’accès à la propriété à Bruxelles. Le fait qu’une partie des nouveaux logements seront habités par leur propriétaire est un élément clé pour la réussite de l’intégration sociale et urbanistique. Un propriétaire aura à cœur de s’intégrer sur le long terme, il s’investira dans la vie collective du quartier. C’est cela qui créera une dynamique positive dans la vie locale.

 

Quel pourcentage de logements devrait être mis en vente plutôt que loués à votre avis ? De même quel serait le seuil maximal à ne pas dépasser au niveau du nombre total de logements ?

 

Cela dépend du projet global. Madame Dupuis avait proposé un mixte où il y aurait 50% de logements sociaux et 50% de logements moyens. On peut garder cette base. Mais nous sommes convaincus qu’il faudrait la même proportion entre locataires et propriétaires pour arriver à un bon équilibre. Madame Dupuis avait proposé un total de 650 logements, soit 1.500 à 2.000 habitants, avec des tours en béton de 15 étages. C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire en matière de logement social au XXIème siècle. Je pense que Madame Dupuis restait dans une vision du logement social qui est celle des années 60 ou 70. On voit aujourd’hui ce que cela donne dans les cités en France. Partout, on essaie de faire marche arrière par rapport à cette logique de concentration enclavée, c'est-à-dire de ghetto. Madame Dupuis voulait repartir dans cette direction là et je trouve que c’est dramatique. Il faut faire preuve d’un minimum de cohérence. Le PPAS signé par Charles Picqué il y a seulement une dizaine d'année avait déterminé un point d'équilibre avec un plafond de 150 habitations de taille moyenne dont certaines pourraient être des logements sociaux (le long de l'avenue des Dames Blanches). Ce PPAS était à la fois soutenu par la commune, la région et les riverains. Il a théoriquement force de loi puisqu'il avait été publié au Moniteur. Il est clair qu'il va falloir faire un effort pour donner un sens à un projet social. Mais compte tenu de la configuration des lieux (enclavement et inclinaison du terrain, densité démographique, égouttage, manque d'infrastructures) nous pensons qu'accroître la densité prévue par le PPAS fera apparaître des problèmes très importants.

 

Quels actes concrets attendez-vous de la part des représentants des différents intervenants politiques au pouvoir à la Région et au niveau communal ?

 

Du côté du PS, nous attendons une prise de conscience des contraintes et une volonté de dialogue qui n’existent pas pour l’instant. Chez Ecolo, nous avons été heureux de constater un début d’ouverture au niveau local. Au niveau régional, cela reste un gros point d’interrogation. Le cdH est le parti qui nous a le plus aidé au niveau communal puisque l’échevin Damien De Keyzer a pu repérer une faille importante dans la procédure au niveau de la SLRB. Au gouvernement régional, nous attendons que le Ministre Benoît Cerexhe respecte ses engagements électoraux. Comment fera-t-il en sorte que les règles de l’ancien COBAT (Code d’aménagement du territoire) restent la référence pour ce projet spécifique ? Nous attendons qu’il confirme sa position et donne des précisions sur les initiatives qu’il compte adopter. Son rôle devrait être aussi de stimuler le dialogue. Au MR, le bourgmestre Draps peut certainement jouer un rôle important pour que le caractère contraignant du PPAS initial soit maintenu. Depuis la réforme du COBAT, la commune a vu ses compétences en la matière transférées à la Région. La commune peut par exemple entamer d’éventuelles initiatives juridiques contre le COBAT. D’ailleurs, nous pourrions également agir dans ce sens. Mais nous n’en sommes pas là. A ce stade, nous espérons voir progresser l’indispensable concertation entre les habitants et Monsieur Doulkeridis dans l’espoir de pouvoir aboutir à une vision commune.

 

Que voudriez-vous conseiller aux habitants qui s’inquiètent de la perspective de voir se développer de nouveaux quartiers sociaux près de chez eux ?

 

Je voudrais d’abord dire qu’il ne faut pas s’inquiéter de voir s’installer de nouveaux logements sociaux dans le quartier. Il faut rappeler qu’il y déjà du logement social sur l’avenue des Dames blanches et dans le Vieux quartier, ce qui ne pose pas de problème. Les choses se passent bien parce que la mixité entre propriétaires et locataires, de même qu’entre logements sociaux et logements moyens, a pu atteindre un bon équilibre. Les habitants qui craignent que cet objectif ne puisse pas être atteint peuvent nous aider en soutenant notre action. Il suffit de s’inscrire, gratuitement, sur le site de notre association. Nous informons nos affiliés de l’évolution du dossier par mail. Les personnes qui veulent bien se rendre disponibles pour donner des petits coups de main sont évidemment les bienvenus et peuvent se signaler par un petit mail.

 

 

Propos recueillis par G. VAN OUTRYVE

 

 

Le site du Comité des Dames blanches : www.damesblanches.be
Adresse e-mail : tdallemagne@hotmail.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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