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WOLUWE-SAINT-LAMBERT - Le 31 juilleti 2009

 

 

 

La guerre des parkings aura-t-elle lieu ?

 

 

Lorsque l’ancien Secrétaire d’Etat à la Mobilité avait annoncé la création d’une « Agence Régionale de stationnement », au début de la précédente législature en 2004, la réaction de certains bourgmestres bruxellois avait été plus que froide. Or Pascal Smet a persévéré et une ordonnance a été adoptée le 22 janvier 2009 pour confirmer la création de cette fameuse agence. Si le Bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert vient d’annoncer un recours en annulation de cette ordonnance devant la Cour constitutionnelle, c’est parce qu’elle déleste les 19 communes de leurs prérogatives en matière de stationnement, en instaurant le principe de primauté régionale dans cette compétence.

 

Pouvoir régional contre pouvoir communal

 

 
  Olivier Maingain

Ce n’est pas l’idée d’une harmonisation des politiques de stationnement qui pose un problème à Olivier Maingain ou à Vincent De Wolf, deux maïeurs MR qui sont parmi les premiers à monter au créneau. Mais elle devrait s’organiser dans une instance où la Région et les communes seraient des interlocuteurs mis à peu près sur le même pied. C’est ce qu’il faut comprendre à la lecture de la déclaration du maïeur de Woluwe-Saint-Lambert, lorsqu’il suggère «qu’il eût été sans doute préférable que la Région encourage une intercommunalisation de cette matière avec la participation de toutes les communes et de la Région elle-même ». L’accord de gouvernement bruxellois vient pourtant de confirmer la mise en place d’une agence qui sera bel et bien un organe supracommunal. En réalité, la Région bruxelloise est en voie de finaliser une sorte d’OPA sur la politique de stationnement. Sauf si l’obstacle juridique dressé par Olivier Maingain devait remettre les chronomètres à zéro …

 

Les enjeux pour la Région

 

Il faut réaliser que les choses devraient beaucoup bouger en matière de stationnement à Bruxelles. Le nouveau gouvernement bruxellois veut réduire le trafic automobile de 20%. Pour y parvenir, puisqu’il n’est plus question de péage urbain, la politique du stationnement devient un des principaux moyens d’action. Comment ? D’abord en limitant le nombre de places de parking sur la voie publique afin d’inciter à l’utilisation des transports en commun et du vélo. C’est ainsi que des pistes cyclables devraient remplacer les voitures garées le long de certains trottoirs. Les parkings de société devront subir une cure de minceur, via des modifications des permis d’environnement. Il est aussi question de réduire le nombre de cartes de riverains par ménage. Seuls les espaces de parking dédiés au transit devraient être développés dans les communes de la couronne bruxelloise externe afin de convaincre les navetteurs d’abandonner leurs voitures avant de pénétrer dans le centre de la ville.

 

Les enjeux spécifiques à Bruxelles-Est

 

Les communes de Bruxelles-Est sont concernées au premier chef puisque le plan régional IRIS 2 prévoit à l’horizon 2020 de « trouver » 1000 places de parking de transit supplémentaires aux abords de la station de métro Roodebeek, en plus des 200 places aménagées actuellement et qui posent déjà pas mal de problèmes (voir notre précédent article à ce sujet >>>). Toujours à Woluwe-Saint-Lambert, la capacité du parking de transit situé aux abords de la station de métro Crainhem devrait passer de 190 à 800 places. A Auderghem, concernant la station Delta, il s’agirait de passer de 350 à 1800 emplacements. Il est à prévoir que ces milliers de places de parkings régionaux conquises sur les territoires communaux ne vont pas être créées sans débats et difficultés. Surtout quand il s'agira de communes dont les bourgmestres MR sont dans l’opposition à la Région. Il faut dire que les parking de transit seront gratuits pour les usagers de la STIB et hors de prix pour les usagers locaux. Toutefois, l’Agence régionale de stationnement telle qu’elle a été conçue par le précédent exécutif bruxellois devrait détenir le pouvoir de passer outre les éventuelles récriminations municipales. Dans la pratique, les communes devraient perdre le droit de délimiter les zones de stationnement. De même, elles ne pourront plus fixer librement les taxes et redevances. L’Agence s’en occupera à leur place et leur reversera 85% des recettes. Les communes perdront en outre la faculté de recourir à des entreprises privées chargées d’appliquer les amendes pour stationnement illicite. Elles devront engager des préposés communaux ou bien déléguer cette tâche à l’Agence régionale de stationnement. Bref, les compétences communales au sujet des parkings ressembleront fort à une coquille vide.

 

 

Carte des parkings de transit en 2020 - Cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

 

Première réaction au niveau de l’exécutif bruxellois

 

 
  Brigitte Grauwels

Pour le Cabinet de la nouvelle Ministre de la Mobilité Brigitte Grouwels, il s’agit d’avancer résolument pour faire en sorte de respecter l’accord de gouvernement qui confirme la nécessité de rendre opérationnelle l’Agence régionale de stationnement. Certes, il est prévu dans l’accord que cela se fasse « en concertation avec les communes ». Mais selon Josef Ostyn, le Directeur de Cabinet de Brigitte Grauwels, « Concertation, cela ne veut pas dire que l’on va faire marche arrière au sujet d’une politique régionale de stationnement et sur la création d’une agence ». Il s’agirait plutôt de diszcuter des modalités de contrôle du stationnement au niveau local. Et de préciser : « La politique de stationnement est un élément clé dans la politique régionale de mobilité et, après avoir consulté nos conseillers juridiques, nous allons défendre cette agence ». Une prise de position plus circonstanciée de la Ministre de la Mobilité devrait être adoptée dès la rentrée de septembre.

 

 

GVODY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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