Le 8 novembre 2011
To vote or not to vote à Bruxelles-Est ?
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Gauthier van Outryve
d'Ydewalle, Rédacteur
en Chef des Nouvelles
de Bruxelles-Est |
Les citoyens étrangers sont nombreux à Bruxelles-Est. Woluwe-Saint-Pierre ouvre la marche avec 32% d'habitants non belges domiciliés sur son territoire. Woluwe-Saint-Lambert n'est pas en reste avec un score qui dépasse 29%, comme à Crainhem. A Auderghem et Wezembeek-Oppem, ils sont plus de 22%. La plupart sont issus de l'Union européenne et ont acquis le droit de voter aux élections communales en 2000. Même si depuis 2006, les ressortissants des pays hors Europe domiciliés dans la commune depuis au moins cinq années partagent ce droit. Au total, sur base des chiffres de 2008, plus de 40.000 résidents non belges sont concernés dans les cinq communes de Bruxelles-Est. Pourtant, lors du précédent scrutin communal, seulement un européen non belge sur huit avait manifesté son désir de voter. Quant aux non européens, ils étaient un sur six en Région bruxelloise et un sur dix en Brabant flamand. Bref, si l'on veut bien appeler un chat un chat, l'ouverture large du droit de vote aux européens et aux autres non belges lors des élections communales peut être qualifié de fiasco. Combien s’inscriront comme électeurs d’ici le 31 juillet 2012 ? Combien d'élus communaux seront-ils issus de la communauté internationale en octobre 2012 ? Et d’ailleurs, combien de candidats non belges vont-ils être accueillis sur les différentes listes électorales dont la vocation gestionnaire est réelle, notamment dans les listes larges rassemblant une union de partis ? Sans une réelle prise de conscience des uns et des autres, à l'image du scrutin de 2006, la réponse sera navrante : excessivement peu voire aucun dans certaines communes. Autant de concitoyens non belges pour qui il apparaît inopportun ou trop difficilede s'impliquer dans la gestion des affaires locales, n'est-ce pas interpellant ? Oui, dès lors que les pourcentages de non belges sont à ce point élevés, sachant surtout qu'ils augmentent année après année. Dans un futur pas si lointain, certaines communes pourraient bien compter un habitant non belge sur deux. Sans implication suffisante d'une aussi grande part de la population, la légitimité démocratique des pouvoirs communaux finira par poser question. D’aucuns objecteront que les impôts payés par les fonctionnaires internationaux ne subissent pas de prélèvement au profit de la commune où ils sont domiciliés (7 à 9% de l'IPP pour les belges). Mais ils paient le précompte immobilier et sont contributifs via bien d'autres taxes. Tous les étrangers ne sont pas non plus fonctionnaires européens et réciproquement. La forte présence étrangère à Bruxelles-Est alimente largement notre prospérité générale. Il suffit de demander ce qu’ils en pensent aux commerçants de nos communes et d’interroger les entreprises locales concernées ainsi que leurs employés. Une présence internationale plus affirmée lors des prochaines élections communales ne serait que normale.
Gauthier van Outryve d'Ydewalle
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