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Le 7 avril 2011

 

 

 

Les européens de Bruxelles-Est, acteurs malgré eux de la crise belge ?

 

 

   
    Gauthier van Outryve
d'Ydewalle, Rédacteur
en Chef des Nouvelles
de Bruxelles-Est

Lorsqu'il s'agit de penser au devenir de la Région bruxelloise ou des communes à facilités, la question se pose de savoir dans quelle mesure tenir compte de la présence grandissante de ressortissants européens. Il est naturel, lorsqu'environ un quart des habitants d'une commune ne possèdent pas la nationalité belge, de réfléchir aux moyens d'agencer au mieux leurs conditions de vie. C'est avant tout une question d'hospitalité. Il importe que les personnes venues faire fonctionner les institutions européennes se sentent bienvenues car leur présence apporte beaucoup à l'ensemble de notre pays. Cependant, lorsqu'il s'agit de l'évolution institutionnelle de la Belgique, ce n'est pas le sens de l'hospitalité qui est en jeu. Mais le respect de la démocratie et de ses règles. Quand l'on parle des lois qui doivent régir le pays, c'est du vote des citoyens belges qu'il doit être question.

 

Pour certains, la forte présence internationale en Région bruxelloise permettrait de nier son identité essentiellement francophone et, partant, la logique d'une solidarité durable avec la Wallonie. Sur le plan culturel, sociologique ou symbolique, le caractère international de Bruxelles existe sans aucun doute. Mais pas sur le plan politique. Tout simplement parce que les votes attribués aux partis francophones y sont très largement majoritaires. Lors des élections régionales de 2009, ceux-ci ont rassemblé 88,75% des scrutins valables. Même en permettant aux européens de voter lors des régionales de 2014 pour des listes anglophones, nonobstant le fait qu'il n'existe aucune demande de leur part, cela ne changera pas fondamentalement. De même, le statut forcément bilingue sur le plan administratif de la  Région qui sert de Capitale à la Belgique n'en fait pas une ville qui serait moins francophone. Les néerlandophones de Bruxelles ont bien sûr le droit de s'y sentir à 100% chez eux. Mais il faut constater qu'ils n'ont été que 51.818 à voter pour des partis flamands en 2009. Les européens disposent du droit de voter aux élections communales. Toutefois, en cas de consultation populaire sur le destin institutionnel de Bruxelles ou d'une commune à facilités, il s'agirait de matières supra communales qui ne nécessiteraient pas de recueillir l'avis des habitants non belges.

 

Lorsque des voix plus ou moins partisanes évoquent l’idée que la présence accrue d'européens aurait pour effet d'amenuiser les liens qui relient les francophones, ils ne font qu'instrumentaliser indûment une population silencieuse sans disposer d'aucune légitimité pour la représenter. Les européens de Bruxelles et de la périphérie voudraient-ils d'ailleurs ajouter leur grain de sel dans une mixture communautariste dont la contemplation les navre le plus souvent ?

 

 

Gauthier van Outryve d'Ydewalle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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