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Le 2 septembre 2010

 

 

 

 

Négociations institutionnelles : sans solidarité, danger !

 

 

 

   
    Gauthier van Outryve d'Ydewalle est le Rédacteur en Chef des Nouvelles de Bruxelles-Est

Face à une situation de blocage due à une trop grande intransigeance formulée au nord du pays, ne serait-il pas opportun que puisse s'exercer une plus grande solidarité entre toutes les principales formations politiques francophones ? Il apparaît urgent de faire valoir la nécessité de voir s'exercer une complète solidarité entre PS, MR, cdH et Ecolo, et ainsi donner plus de poids à l'expression de l'ensemble de leurs électeurs, y compris les francophones de la périphérie.

 

Refuser au MR l'accès à la table des discussions, ou au cdH, n'est-ce pas au fond, dans les circonstances présentes, porter tort aux citoyens francophones de la périphérie dans leur ensemble ? Car le PS et Ecolo ne représentent qu'une petite minorité des citoyens francophones de la périphérie. Et sur un plan démocratique aussi bien que pratique, une injustice peut s'avérer dès lors que certains citoyens francophones seraient moins représentés que d'autres, en terme de poids politique, au moment il s'agit de définir un nouvel équilibre global. Voilà pourquoi l'apport combiné du cdH et du MR à la table des négociations fait défaut dans un contexte où les francophones de la périphérie, qu'ils représentent ensemble pour l'essentiel, sont réduits à l'état d'oiseau pour le chat NVA.

 

En tout état de cause, dès lors que la multiplication de concessions faites aux exigences nationalistes flamades ne produit pas de résultat positif, les citoyens de Wallonie et de Bruxelles ne pourront que trouver adéquate une solidarité plus complète entre tous les grands partis francophones rassemblés dans une position affermie. Au plus grandes sont les mutations, au plus grand est le besoin d'un consensus. Et plus grande aussi est la nécessité de dépasser les divisions.

 

Les tentatives de la NVA pour diviser les partis francophones, en cherchant à ne garder pour interlocuteur principal que l'un ou l'autre, ou en essayant d'exclure tel ou tel, ne constituent-elles pas une démonstration qu'il faut au contraire viser à se rapprocher ? Il faut voir que c'est encore pour semer la zizanie et enfoncer les francophones dans l'affaiblissement. Un piège aussi grossier n'est que grotesque. Un simple changement de partenaire dans le groupe francophone invité par la NVA à la table des négociations serait lamentable. Il est essentiel de considérer la nécessité d'une union sacrée des partis francophones par rapport aux seuls besoins des citoyens, non pas en fonction de visées électoralistes déplorables quand l'heure est aussi grave.

 

Faut-il tant que cela craindre les effets produits par un échec des négociations ? C'est à voir. Car en cas de retour aux urnes, la NVA ne pourra plus se présenter aux électeurs de Flandre dans l'ambigüité. Bart De Wever ne pourra prétendre à nouveau qu'il est le mieux placé pour faire avaler une réforme d'envergure aux partis francophones. Impossible, puisque les faits auront démontré le contraire. La NVA n'aura pas d'autre marge de manoeuvre que d'afficher clairement, cette fois, son projet indépendantiste. Combien de ses électeurs actuels le suivront encore, sachant que cela impliquera pour la Flandre la perte de toute forme d'influence sur la Région bruxelloise ? Et la disparition de la Belgique dont un grand nombre des électeurs de la NVA ne veulent pas.

 

Gauthier van Outryve d'Ydewalle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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