WOLUWE-SAINT-AMBERT - Le 14 juin 2010
Bras de fer pour la Place Saint Lambert
A Woluwe-St-Lambert, chacun s'accordera pour constater l'état piteux de la Place qui porte le nom de son Saint éponyme. Mais quant à partager une vision commune sur la nature des aménagements à lui apporter, c'est une autre affaire. L'on devrait plutôt parler d'une foire d'empoigne. Avec d'un côté un petit groupe de commerçants pro actifs et de l'autre un collectif composé de comités de quartier représentatifs des habitants et d'acteurs culturels locaux. Les premiers ont d'abord marqué 1-0 en obtenant de la commune un premier projet qui fait la part belle aux parkings. Commerce oblige. Malgré le respect in fine de l'interdiction de se garer au milieu de la place imposée par le PPAS, ce sont 102 emplacements qui subsisteraient, dont 18 sur la petite placette attenante que l'on ne peut rejoindre que par le Boulevard de la Woluwe. Les habitants de la Rue Saint Lambert, qui sert souvent de voie de sortie à la place attenante, préfèreraient une formule qui tienne mieux compte de leur besoin de tranquillité. Avec moins de tout à l'auto et plus d'Agenda 21, le programme cadre en faveur d'une gestion durable adopté par la commune.
 |
Participation, ma non troppo
Les habitants riverains ont été menés par 2-0 suite à un drible de la commune qui a créé un groupe de travail selon des modalités – il faut le dire - assez peu orthodoxes. Car dans le dit groupe composé de 5 commerçants locaux et 5 habitants tirés au sort dont plusieurs n'habitent pas les environs, les comités de riverains n'étaient pas vraiment les bienvenus. Seule concession, un strapontin pour le représentant de Wolu-Inter-Quartier, Bernard Devillers. Mais nada pour le Comité de la Rue Saint Lambert, une association créée il y a dix ans qui dispose pourtant de sa page sur le site web de la commune. L'on pouvait également s'étonner de l'absence d'intervenants importants, comme par exemple les Ateliers de la rue Voot. Bref, le groupe de travail des "tirés aux sort" semble plutôt favoriser les acteurs commerciaux locaux. En matière de bonne gouvernance communale, l'écoute accordée aux organisations représentatives est pourtant un élément clé de la démocratie participative. Celles-ci ont développé leur expertise au fil des ans et disposent de la compétence nécessaire pour aller au fond des dossiers. Certes, leurs avis ne sont … que des avis. Mais refuser d'écouter un comité de quartier au prétexte qu'il serait trop concerné ou trop efficace, voilà qui serait pour le moins paradoxal. Tout comme il n'y aurait pas grand sens à ne pas porter le même niveau d'attention aux besoins légitimes des commerçants locaux.
Pour rétablir l'équilibre, la résistance s'organise
Fort de ses 30 années d'expérience, Wolu-Inter-Quartier a organisé une véritable fronde. Bernard Devillers a carrément refusé de participer au groupe de travail des "tirés au sort", invoquant le motif que les différentes associations de riverains et habitants du coin n'y étaient pas conviées également. Regroupés en collectifs, ceux-ci ont organisé un autre groupe de travail … dont les commerçants sont absents. Au demeurant, ce second groupe "parallèle" se montre particulièrement actif. Quatre réunions sont programmées contre seulement deux pour le groupe des "tirés au sort". Le groupe concurrent compte une vingtaine de participants lorsque le groupe mis en place par la commune se limite à dix. Bernard Devillers veut surtout se donner le temps et les moyens de maîtriser la problématique dans sa globalité. Il appelle de ses voeux une vision qui tienne compte à la fois de l'environnement, de l'économique, du social, de la mobilité et du culturel. Sans être contre la présence de commerces, au contraire, il pose la question de leur nature (pas trop d'horeca), de la mixité entre eux et plus fondamentalement du concept urbanistique à créer pour la Place-Saint-Lambert. "Avant de dessiner des plans, tâchons d'abord de savoir quelle orientation générale donner au projet de rénovation de la place Saint-Lambert", explique Bernard Devillers. Cette démarche n'est pas dénuée de crédibilité. Voilà de quoi rétablir l'égalité dans le score. Allez, on va dire 2-2. L'idéal, pour l'honnête homme, serait que le match se termine par un ex-aequo. La recherche du consensus constitue un beaucoup plus grand apport à l'exercice de la démocratie que la création de situations où des gagnants prennent le pas sur les perdants. Mais si l'on veut se fixer un tel objectif, il va falloir que le dialogue se rétablisse à un moment donné. Apparemment, cela semble être aussi le point de vue du Bourgmestre, selon Jean-Luc Breuer qui dirige les Ateliers de la Rue Voot. Ce dernier se félicite que des réunions ouvertes aux deux groupes de travail soient désormais prévues. "Il y a une attitude d'ouverture de la part du Bourgmestre sur le plan de la participation", dit-il en se réjouissant que "les choses puissent progresser de façon civilisée et courtoise". C'est à espérer, car en 2002, le Bourgmestre Georges Désir avait dû se résigner à mettre le projet de rénovation de la Place Saint-Lambert dans un tiroir, à cause de l'atmosphère rendue beaucoup trop conflictuelle par certains intervenants.
Quel concept pour la Place Saint-Lambert ?
Pour Jean-Luc Breuer, actif au sein du groupe de travail "parallèle", la Place Saint-Lambert a vocation de devenir une sorte de "place du village qui soit un lieu d'articulation de la vie sociale", avec des espaces verts, des accès piétonniers, des bancs, etc. C'est un lieu où il serait possible d'organiser quantité d'événements culturels supplémentaires, comme des expositions à ciel ouvert, concept déjà expérimenté avec succès par les Ateliers Voot." Comme beaucoup de riverains de la Place Saint-Lambert, Jean-Luc Breuer regrette le départ des Fêtes Romanes, mais il reconnaît que "leur organisation à Wolubilis a été réussie". La coexistence de la Place Saint-Lambert et de Wolubilis est certes un point délicat. Chacun s'accordera cependant sur l'idée qu'une articulation réussie entre les deux lieux est préférable à une logique d'opposition. A l'évidence, il y a entre ces deux pôles comme une ligne du temps. Sur la Place Saint-Lambert, un cœur ancien de la commune continue de battre. La présence de la brocante, les ateliers Voot et Malou, un club de pétanque, des magasins qui ont souvent un petit supplément d'âme, quelques bons petits restaurants, tout cela fait subsister une ambiance un peu bohème dont le charme est certain. Une rue au caractère toujours villageois, pleine de charme, relie la place au Woluwe Shopping Center dont l'attractivité commerciale est formidable. La promenade s'achève en pénétrant dans l'atmosphère à la fois moderne et élégante de la place bordée par les Cook and book thématiques. Qui ne souhaiterait pas que du début à la fin de cet axe si fort, le sentiment d'une réussite urbanistique complète se fasse constat d'évidence ?
Relier les lieux pour mieux réconcilier les gens ?
Une approche globale soulève la question de la communication qu'il serait possible d'établir entre les deux pôles que constituent Wolubilis et la Place St-Lambert. Un élément clé pourrait bien être la transformation du tronçon villageois de la rue Saint-Lambert en un espace piétonnier accessible aux seules voitures des riverains ainsi qu'aux vélos. C'est une des idées, parmi d'autres, qui animent la réflexion de Bernard Devillers et Jean-Luc Breuer. Le nombre d'emplacements de parking sur la Place Saint-Lambert, qu'il faut mettre en relation avec l'intensité du trafic local, serait dès lors une donnée moins sensible. Et l'on sait que les zones piétonnières sont souvent synonymes de succès pour les commerces alentours. Est-il normal que cette voirie serve de raccourci facultatif à des automobilistes pressés ?
GVODY
| |
Communication officielle de l'administration communale
de Woluwe-Saint-Lambert |
|
| |
Deux nouvelles réunions d'information avec les habitants se tiendront le mardi 22 juin et le mercredi 30 juin, à 20h, dans la salle du Conseil de l'hôtel communal.
Une première réunion au sujet de l'aménagement de la place Saint-Lambert s'est tenue fin mars en présence de nombreux participants. Le service de l'Aménagement urbain a entendu les opinions des habitants et des commerçants du quartier, et soumet à leur appréciation une deuxième option d'aménagement de la place.
Le but de la nouvelle proposition est de trouver un consensus entre les différentes parties. Les habitants et les commerçants étant dépendants les uns des autres, le projet se veut impartial. Le Collège des bourgmestre et échevins a la volonté de prendre en compte tous les avis et de conjuguer le mieux possible les intérêts de chacun.
Comme le bourgmestre l'a annoncé lors de la première réunion avec les habitants, aucune décision n'interviendra avant que toutes les parties concernées aient pu exprimer leurs points de vue. Ces deux nouvelles réunions d'information permettront de débattre de toutes les options envisagées.
Réunions le mardi 22 juin et le mercredi 30 juin à 20h
Salle du Conseil de l'hôtel communal, 2, av. Paul Hymans |
|
| |
|
|
 |
|