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Le 25 mai 2010

 

 

 

Quel vote utile contre les nuisances aériennes
excessives ?

 

 

     
       

Il y a 7 ans, déjà, le plan Anciaux de dispersion des nuisances aériennes de l'aéroport de Zaventem ouvrait une polémique qui n'a aujourd'hui rien perdu de son acuité. Sur les communes de Bruxelles-Est, ce sont encore et toujours des déluges d'avions qui se déversent au-dessus de quartiers familiaux. Et la mobilisation contre l'aéroport bat son plein au gré de la campagne électorale. Une fois de plus. Les quatre grands partis politiques francophones ont tous mis le sujet en bonne place de leurs programmes électoraux respectifs. Il est vrai que quelques milliers de suffrages de citoyens survolés en balance peuvent suffire à faire perdre ou gagner un siège au Parlement fédéral. Tandis que l'espoir de voir moins d'avions passer en rase-motte au-dessus de nos quartiers vaut bien l'investissement d'un vote. Voilà pourquoi, si les ballets aériens vous assomment, il serait dommage de ne pas faire un bon choix dans l'isoloir. Ce "bon choix", quel est-il ? A vous d'en juger à la lecture des engagements respectifs du MR, du cdH, d'Ecolo et du PS.

 

Au-delà des programmes électoraux

 

Dans le dossier des nuisances aériennes, l'expérience des précédents scrutins nous a appris une chose essentielle. A savoir que les promesses des partis francophones n'ont que peu de sens si, au final, c'est un ministre partisan qui prend en charge la compétence de la Mobilité au sein du gouvernement fédéral. A la veille des élections de 2007, une seule personnalité politique importante en Belgique se targuait ouvertement de vouloir défendre le plan Anciaux. C'était le CD&V Etienne Schouppe. Aucun des partenaires francophones du gouvernement Leterme n'émirent pourtant la moindre objection lorsqu'il s'imposa à ce poste au cours de la nuit de négociations secrètes qui précéda la répartition effective des portefeuilles ministériels. Dans un tel contexte biaisé, faut-il s'étonner que les accords péniblement conclus au sein du Conseil des Ministres du 26 février 2010 aient été interprétés avec divergence aussitôt après avoir été adoptés ? Alors que les partis francophones annonçaient des progrès importants pour les riverains les plus sévèrement touchés, Etienne Schouppe déclarait exactement l'inverse en Commission de l'Infrastructure de la Chambre ...

 

Une mise en garde claire des associations

 

Dès lors, l'on peut fort bien comprendre la mise au point ferme de l'UBCNA dans son récent communiqué du 24 mai. Sa représentante Peggy Cortois, sans couleur politique, y expose les choses clairement: "Le bilan aéronautique d'Etienne Schouppe est tout à fait nul, rien n'a réellement avancé dans ce dossier, Schouppe refuse de prendre les bonnes initiatives pour faire appliquer la décision du Conseil des Ministres du 26 février 2010. Pour l'UBCNA, le prochain Ministre de la Mobilité et des Transports ne peut plus être un néerlandophone, après une succession de mauvais ministres (Anciaux, Landuyt, Leterme, Van Rompuy et Schouppe); il conviendra à l'avenir de désigner à ce poste un francophone neutre, compétent et impartial." Il apparaît en effet on ne peut plus évident qu'aucune solution stable et équilibrée ne sera jamais possible dans ce dossier aussi longtemps qu'un Ministre de la Mobilité loyal n'en aura pas la charge. Sans vouloir faire de procès d'intention à quiconque, force est de constater qu'un cinquième ministre néerlandophone aurait d'emblée à subir un supplément de méfiance des parties prenantes à Bruxelles, en Brabant wallon et dans l'Oostrand. Chat échaudé craint l'eau froide. D'ailleurs, si un parti du nord du pays faisait montre de considérer la mobilité au fédéral comme une chasse gardée flamande, ce serait à n'en pas douter un très mauvais signal. Comme la promesse de nouveaux problèmes et blocages avant même la signature d'un accord de gouvernement.

 

Voter pour un parti disposé à assumer pleinement ses responsabilités ...

 

Le citoyen qui voudra voter utilement le 13 juin en fonction du dossier des nuisances aériennes devra donc prendre la mesure des engagements concrets des partis politiques en ce qui concerne l'attribution de la Mobilité dans le prochain gouvernement fédéral. Il est patent qu'aucun progrès décisif ne sera possible si, au moment de la mise sur pied du prochain gouvernement, les partis demandeurs de cette compétence sont tous flamands et animés peu ou prou d'intentions partisanes anti bruxelloises. S'il n'y a simultanément aucun parti francophone qui daigne se porter volontaire pour assumer les compétence fédérales en matière de Mobilité ... il ne faudra pas s'étonner de voir le blocage du dossier des nuisances aériennes perdurer ad nauseam. Pour empêcher qu'un cas de figure aussi lamentable se produise, à nouveau, il faut donc qu'au moins un des partis francophones qui participera au prochain gouvernement fédéral soit disposé à réclamer avec énergie la Mobilité pour son propre compte. Car pour un parti qui voudra respecter ses engagements, il n'existe aucun autre moyen à sa disposition s'il faut bloquer des candidats à la fonction de Ministre de la Mobilité qui seraient mus par des motivations communautaristes, d'intérêt personnel ou de développement maximaliste de l'aéroport fédéral.

 

... Mais alors lequel ?

 

Pour l'instant, aucun parti politique francophone n'a encore déclaré, dans le cadre d'un engagement formulé de façon significative, être prêt à mouiller sa chemise en se portant volontaire pour assumer la gestion effective de ce dossier réputé très difficile. C'est pourtant en fonction de cet aspect essentiel que l'électeur averti pourrait faire son choix de vote le plus pertinent. Car un tel parti prouverait ainsi qu'il est disposé à s'imposer quelques contraintes, ce qui serait gage de crédibilité.

 

 

Gauthier van Outryve d'Ydewalle

 

 


 

     
 
Extraits des programmes électoraux
des partis politiques francophones
au sujet du dossier des nuisances aériennes
 
     

 

     
 

cdH

 

La régulation du transport aérien et la lutte contre les nuisances aériennes

 

Pour le cdH, la bonne gestion de l’aéroport de Bruxelles-National suppose d’adopter une véritable approche de développement durable dans ses dimensions sociales, économiques et environnementales. La gestion actuelle de l’aéroport de Bruxelles-National augmente les risques pour la santé et la sécurité des riverains de l’aéroport, non seulement en raison du bruit inhérent aux survols mais également parce que le risque d’accident avec des conséquences dramatiques ne peut être ignoré. Il est donc urgent et impératif de dégager enfin une solution équilibrée dans ce dossier.

 

Le cdH propose de:

 

− Mettre en oeuvre le plus rapidement possible l’accord du Conseil des Ministres du 26 février 2010 concernant le nouveau plan de dispersion des vols et d’évaluer son efficacité avantde le transposer dans un projet de loi ;
− La création d’un fonds de financement destiné à supporter les coûts des isolations et expropriations, lequel serait financé par les amendes perçues pour non respect des procédures aéronautiques ;
− La transparence de toutes les informations disponibles au profit des communes, des riverains et de tout voisin de l’aéroport ;
− La création d’une Autorité neutre de contrôle des nuisances aériennes et du respect de toutes les procédures par tous les acteurs aéroportuaires ;
Au niveau des procédures aériennes au sens strict, le cdH défend :
− Le maintien en dehors de toute exploitation préférentielle des pistes de dépannage 02, 07 et 20 qui n’ont pas été construites en vue d’absorber un trafic important ;
− Le maintien de l’emploi préférentiel de la meilleure piste, la 25R, avec une limite de vent arrière supérieure à 7 noeuds, avec une définition exhaustive des rafales de vent ainsi que
de leur mode de calcul ;
− L’interdiction de nouvelles procédures aériennes qui concentreraient les survols sur
Bruxelles, sa périphérie et le Brabant Wallon ;
− La fin de l’utilisation préférentielle partielle de la plus courte piste de décollage 20 le weekend, ainsi que la définition d’une limite de poids au décollage sur cette piste spécifique et moins bien équipée
− La réalisation d’un véritable cadastre du bruit dans toutes les zones survolées, sur base d’un réseau performant et étendu de sonomètres ;
− La sécurité maximale de toutes les opérations aériennes, avec la création d’une zone de sécurité RESA en bout des pistes 20 et 25 ;
− Créer un institut indépendant de contrôle des nuisances aériennes ;
− Développer les synergies avec les aéroports régionaux et mettre à l’étude la possibilité de construire un nouvel aéroport national en dehors de toute zone urbaine.

 
     

 

 

 

     
 

Ecolo

 

Réduire les nuisances liées au trafic aérien

 

Ecolo préconise, en particulier dans le cas de l’aéroport de Bruxelles-National, qui relève de la compétence fédérale :

- le bannissement des avions les plus bruyants via une diminution supplémentaire des quotas de bruit autorisés par avion et par période aux abords de cet aéroport ;
- la suppression des vols de nuit entre 23 heures et 7 heures du matin afin d’en faire un aéroport exclusivement de jour et, dans l’immédiat, la prolongation des limites d’exploitation et des procédures de vol en vigueur la nuit jusqu’à 7 heures du matin, au lieu de 6 heures actuellement ;
- la révision des routes aériennes en tenant compte du critère de densité de population en vue d’un contournement maximal des zones urbaines lors des procédures de décollage ;
- la mise en œuvre de politiques foncières et d’isolation adaptées dans les zones les plus exposées au bruit ;
- l’objectivation, l’optimisation et le contrôle effectif des zones de bruit et des procédures aériennes par une autorité de contrôle indépendante ;
- le plafonnement du nombre global de mouvements d’avions (décollages et atterrissages) par an et l’abandon définitif du projet de terminal low cost imaginé par l’exploitant, étant donné les graves nuisances que cet aéroport impose à Bruxelles et à sa périphérie de par sa trop grande proximité.

 
     

 

 

 

     
 

MR

 

Les aéroports

 

Constat :

 

Des chiffres encourageants démontrent l’importance du réseau aéroportuaire en Belgique. Ainsi, l’aéroport de Charleroi a transporté près de 4 millions de passagers en 2009.  L’activité aéroportuaire est également synonyme d’emplois. Vingt-sept mille travailleurs dépendent directement ou indirectement de ces installations.

• Un nouvel accord conclu par le gouvernement amène plus de stabilité dans le trafic aérien, comme c’était le cas avant la période « Anciaux » et le fameux plan « de dispersion » : un maximum de mouvements aériens seront effectivement envoyés sur les pistes les plus sûres ;

• Le gouvernement a également demandé la rationalisation de certaines routes de vol. Il en résultera des couloirs plus étroits, certains virages à altitude plus élevées qu’auparavant (notamment au sud-est de Bruxelles) et dès lors, moins de nuisances ;

• Aucun nouveau couloir n’a été attribué au dessus du Brabant wallon et nous avons interdit le décollage de gros porteurs sur la piste 20, ce qui devrait sensiblement diminuer les nuisances que subissent les habitants de cette province ;

• Lors de l'année 2009, 23 nouvelles destinations ont été inaugurées à Charleroi Airport et 14 autres sont déjà prévues en 2010 ;

• Liège Airport est aujourd'hui dans le top dix des aéroports de fret en Europe. Les travaux d'allongement de la piste, qui seront terminés cet été, devraient permettre à cet aéroport de poursuivre sa croissance dans les dix années qui viennent.

 

Propositions :

 

Une entrée en vigueur rapide et loyale de l’accord de février 2010 : toutes les décisions doivent pouvoir être transposées rapidement par l’administration. Y compris en tenant compte du fait que le gouvernement est en affaires courantes. Une mise en oeuvre définitive pour la saison d’hiver 2010 (débutant le 1er novembre) constitue un objectif raisonnable et impérieux à la fois. Le Mouvement Réformateur exige l’adoption définitive des mesures de l’accord dans les meilleurs délais. Comme convenu lors de l’accord, la mise en place des mesures concrètes doit être supervisée par le groupe de travail ad hoc au niveau du futur gouvernement, afin d’éviter toute interprétation déloyale (ex. sur la « tolérance » qui doit être de mise au niveau de la sélection des pistes en fonction des conditions de vent).

 

La reconnaissance et l’objectivation des nuisances sonores : les Régions s’avèrent incapables de déterminer des normes et une méthodologie commune pour l’élaboration d’un cadastre des nuisances. Celle-ci se justifierait, notamment pour éviter tout comportement de dumping environnemental entre Régions et aéroports. Ce sur-place empêche en outre toute politique (commune) de sanctions en matière de nuisances sonores.
Quoi qu’il en soit, la Région wallonne, et notamment le Ministre Henry, malgré les engagements répétés en ce sens, n’a pas encore pris les mesures indispensables à l’objectivation des nuisances, qui ont notamment connu une intensification depuis l’été 2009 au-dessus du Brabant wallon. Légitimement, certaines communes du Brabant wallon demandent leur intégration aux structures de concertation de l’aéroport de Bruxelles-national. Elle a été conditionnée à la mise à jour du cadastre du bruit de 2008. Il est donc plus que temps d’aller de l’avant.

 

Un développement bien compris de l’aéroport de Bruxelles-National : les derniers responsables en date de la politique aéroportuaire nationale (Isabelle Durant (Ecolo), Bert Anciaux et Renaat Landuyt (s.pa), Etienne Schouppe (cd&v)) se sont avérés incapables de prendre le « lead » et d’initier une politique semblable à celle qui a prévalu lors du développement de Liège airport, à savoir une délimitation de zones d’exposition et une politique cohérente d’expropriations – isolations – indemnisations. Ceci reste donc à faire. On ne peut notamment pas donner un blanc-seing au développement de toute une activité « low cost », car elle engendre des nuisances importantes et ne s’inscrit pas forcément dans le développement de cet aéroport. Il faut prendre en compte l’intérêt des parties en compte : celui des habitants bien entendu (les travaux de construction d’un nouveau terminal ont débuté sans permis adéquat) ; mais aussi celui des compagnies qui opèrent déjà à Bruxelles-national, dont l’activité est menacée.

 

Une nouvelle fois : la concurrence entre les Régions et les aéroports est souhaitable et saine ; le meilleur développement implique une réelle spécialisation des aéroports, en fonction de la configuration de leur environnement notamment.

 

- Poursuivre les investissements de lutte contre les nuisances sonores ;
- Mettre en place des sanctions efficaces en cas de violation des règles anti-bruits (en vue éviter d’attirer les avions poubelles mais également en vue de minimiser les nuisances aux riverains) ;
- Encourager la collaboration entre régions pour harmoniser les normes de bruit et ainsi éviter toute forme de « dumping environnemental » entre aéroports ;
Planifier le développement des aéroports conformément aux principes de développement durable ;
- Continuer à soutenir l’activité aéroportuaire en Région wallonne en accélérant certains investissements (allongement de piste, parkings, liaisons ferrées, …) ;
- Diversifier les activités sur les deux sites de BSCA et Liège-Airport en encourageant l’accueil de nouveaux entrants ;
- Veiller à la connexion des aéroports avec le réseau ferroviaire (notamment T.G.V.) pour faciliter l’intermodalité entre les modes de transport ;
- Promouvoir efficacement nos aéroports afin de maximiser les investissements consentis en attirant de nouveaux opérateurs.

 
     

 

 

 

 

 

 
 

PS

 

FAVORISER UN AÉROPORT NATIONAL QUI BÉNÉFICIE À TOUS

 

Le PS insiste sur l'importance de l'aéroport de Bruxelles-National en tant que pôle de développement et d’emplois bénéficiant à l’ensemble du pays. En termes de nuisances sonores, le Gouvernement fédéral a récemment pris des décisions positives en vue d’améliorer la qualité de vie des riverains et réduire les risques liés au survol de Bruxelles. Le PS tient à ce que ces mesures soient entièrement mises en oeuvre et veut éviter une augmentation future des nuisances.

 

Dans ce but, le PS propose :

 

· de créer une autorité de contrôle indépendante, chargée de veiller au respect des procédures aériennes d’application à Bruxelles-National, avec pouvoir de sanction ;
· de limiter le nombre de vols annuels en déterminant un plafond global des vols de jour comme de nuit ;
· de s’opposer à la construction d’un terminal « low-cost » qui ne sera jamais adapté à la spécificité de l’aéroport de Bruxelles-National ;
· d’étendre les limites d’exploitation et de procédures de vol en vigueur la nuit jusqu’à 7 heures du matin.

 
     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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