Le 1er septembre 2010
Portrait du quartier Sainte-Alix
De tous les 145 quartiers qui composent les 19 communes de la Région bruxelloise, le quartier Sainte-Alix est celui qui se situe le plus à l'est. Il est délimité au nord par l'avenue des Grand-Prix, au sud par la forêt de Soignes, à l'ouest par la rue au Bois et à l'est par une ligne médiane qui divise en deux la Route Gouvernementale dont un trottoir reste wolusanpétrusien tandis que l'autre, du coup, est situé à Crainhem.
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| Délimitation du quartier Sainte-Alix selon la nomencalture de la Région bruxelloise |
L'ancien hippodrome de Stockel
Avant qu'il y eut un quartier Sainte-Alix, bien avant, il y avait la forêt, puis des champs et un jour, ceux-ci se transformèrent en un champ de course. Un hippodrome de renommée internationale fut créé en 1906. Au niveau de la rue du Haras débutait un grand parcours ovale qui se prolongeait jusqu'aux avenues Salomé et François Peeters, à cheval (c'est le cas de le dire) sur les quartiers voisins de Stockel et de Saint-Paul. Une piste d'entraînement s'étendait à l'endroit où se trouve aujourd'hui le parvis de l'église Sainte-Alix. Dans un bâtiment couvert, l'exploitant avait installé un cynodrome. Des tonnerres d'aboiement ponctuaient les courses de chien, quand la peau de lapin tractée par un chariot électrique servait de leurre pour entraîner la meute. Autour des équidés et canidés gravitait un petit monde de parieurs, enfiévrés comme il se doit, et de bookmakers juchés sur des piédestaux, tablette et craie à la main pour donner la cote. Des métiers du cheval s'exerçaient au voisinage. Vendeurs de fourrage ou club d'équitation sélect. La dernière course de chevaux eut lieu en 1957 et l'hippodrome migra vers Sterrebeek d'où un club de golf le délogea plus récemment. Les courses, à l'époque des Playstation et du poker en ligne, cela ne plaît plus aux foules. Il faut se souvenir que la Société des champs de course de Stockel accueillit aussi un aéroport. C'était aux temps héroïques des premiers coups d'ailes d'aviateurs trompe la mort, au début du siècle dernier. Mais cette histoire là mérite bien qu'un autre article lui soit consacré en entier.
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| Le Champ de course de Stockel en 1920 |
Tout débuta par de l'habitat social
Au départ d'une terre quasi vierge, le peuplement du quartier fut d'abord le fait de logements à caractère social. A partir de 1922, un projet de 300 habitations sociales voit le jour pour former la Cité-jardin de Joli-Bois, située à l'orée de la forêt. A l'origine, les jolies petites maisons de ce que l'on appelle de nos jours le "Vieux quartier" sont occupées surtout par des conducteurs de tram et des agents de police. Les premières maisons construites en 1923 ne trouvèrent pas toutes facilement preneurs car les raccordements à l'égout et à l'électricité faisaient défaut. Mais nombre d'entre elles s'étaient vu octroyer le droit d'entretenir un potager dans le prolongement de leur jardin. Après la seconde guerre mondiale, dès 1950, débute la construction de 75 maisons le long de l'avenue des Dames blanches. Quatre grands immeubles s'y sont ajoutés plus tard.
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| L'Eglise Sainte-Alix |
Création de la paroisse Sainte-Alix …
La famille van der Meerschen était propriétaire d'un terrain de 16 hectares loué au club d'équitation, "Les habits rouges". Il fut cédé au début des années 30 à Monsieur J. Waucquez qui l'offrit en 1934 à l'archevêque de Malines, avec la proposition d'y construire une église. Ce qui fut fait, en mémoire de la fille du donateur, Alix, morte prématurément. Dès l'été 1936, l'église Sainte-Alix, inaugurée parle Cardinal Van Roey, fut ouverte au culte. L'église est l’œuvre de l’architecte Léonard Homez qui a accordé beaucoup d'importance à l'acoustique et à l'éclairage dans sa conception. Sa tour carrée haute de 24 mètre est surmontée d'un clocher de 7 mètres. Ce n'est qu'en 2001 que des vitraux d'un style abstrait furent installés. Leur créateur, l'artiste Jan Goris, a voulu reproduire l'effet de rayons du soleil passant au travers d'un feuillage. De fait, Sainte-Alix est tout sauf une église triste. La seconde guerre mondiale causa un intermède durant lequel le nouvel édifice religieux trôna isolé au milieu de champs en friches. A plusieurs reprises, il servit de cachette à des juifs et à des réfractaires recherchés par la Gestapo. A partir de 1946, des centaines de maisons vinrent entourer le parvis pour achever de former le quartier dans sa configuration actuelle. Les écuries qui longeaient la rue au Bois laissèrent également la place à des habitations.
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| Un des vitraux de Jan Goris |
Qui était Sainte-Alix ?
Alix, qui devait devenir sainte, mourut en juin 1250 à l’âge de 35 ans à l’abbaye de la Cambre où elle était nonne. Atteinte de la lèpre, elle vécu un temps comme recluse dans la Forêt de Soignes avant de revenir dans un bâtiment annexe à l’abbaye. Elle n'a pas été canonisée mais, petit à petit, son culte s'est répandu. Son nom est inscrit au calendrier cistercien à la date du 12 juin. Le pape Pie X autorisa son culte en tant que sainte en 1907. A noter que la traduction en néerlandais d'Alix est Aleyde. C'était aussi le prénom de la Duchesse de Brabant qui fonda le Prieuré de Val Duchesse en 1262. Les nonnes qui en faisaient partie portaient des robes claires à capuche qui les firent appeler "les Dames blanches". Elles donnèrent leur nom, à l'arrivée d'un curieux zig-zag historique, à l'avenue qui traverse le quartier Sainte-Alix.
De nouveaux logements sociaux ?
Les logements sociaux constituent 11% de l'habitat du quartier. Sous la précédente législature régionale, la Ministre Françoise Dupuis en charge des logements sociaux avait voulu installer un très grand nombre de logements sociaux supplémentaires dans un nouveau lotissement à créer en bordure de l'avenue des Dames blanches. Un comité de quartier particulièrement actif (voir notre précédent article sur ce sujet >>>) avait obtenu une forte mobilisation citoyenne, politique et juridique contre ce projet. Actuellement, il semble que le Ministre Doulkeridis soit beaucoup plus raisonnable dans la fixation de ses objectifs. Apparemment, selon le Comité des Dames blanches, le dossier serait au point mort. Pour l'heure, plusieurs hectares de champs cultivés magnifiques à regarder restent donc inviolés. C'est d'ailleurs à se demander si l'esprit des lieux ne serait pas réfractaire à toute tentative de construction. Car la ferme qui s'y trouvait autrefois a été littéralement rasée par une tempête, en 1941, causant la mort tragique de Marie, la fermière retrouvée écrasée dans les décombres.
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| Le quartier Sainte-Alix en 1951 |
Souvenir du tir au pigeon
Jusqu'en 1960, l'avenue du Tir au pigeon était encore faite de terre battue. Son nom rappelle la présence, à l'arrière de l'actuel Clos des Rosiers, d'un terrain de tir aux pigeons d'argile. Il était également possible au "sportifs" du coin de commander le lâcher de pigeons vivants. La Société de Tir du Bois de la Cambre, créée en 1910, mit la clé sous la porte en 1955 après l'urbanisation du quartier. A la très grande satisfaction des riverains qui n'appréciaient guère le boucan des coups de feu.
Belle présence du socio-culturel
De par sa taille, le Centre Communautaire Joli Bois est l'un des plus importants des centres de quartiers de l'agglomération bruxelloise. Il offre plusieurs salles polyvalentes dont une salle de théâtre de 160 places qui drainent chaque année des milliers de visiteurs (www.ccjb.be). Bon à savoir, y organiser une conférence ne vous coûtera que 150 € Que vous soyez ado ou adulte, si le rêve de jouer la comédie vous titille, des cours d'improvisation ont lieu chaque semaine, lesquels vous permettront de participer à de poilantes compétitions (cfr improvisation.be). On trouve dans le Centre une belle bibliothèque et des ateliers créatifs sont proposés sur les thèmes de l'aquarelle, de la couture ou de la photo. En plus d'une crèche et de la consultation de l'ONE, c'est là que sont installés les bureaux administratifs du CPAS de Woluwe-Saint-Pierre. On ne peut pas dire que le Centre Joli Bois soit un chef-d'œuvre d'architecture. Les arbres qui l'entouraient agréablement lors de sa création ont pour la plupart disparu. Aussi quelques petits aménagements esthétiques seraient sans doute bienvenus.
Un morceau de quartier plutôt huppé
Quelques rues situées à l'extrémité est du quartier Sainte-Alix forment l'une des plus belles zones résidentielles de Woluwe-Saint-Pierre et, partant, de la Région bruxelloise. De superbes villas jalonnent la Corniche verte, l'Avenue des Lauriers, des Pins Noirs, la Route Gouvernementale (anciennement Chemin de l'Abbé) ou le petit clos du Taillis. De nombreux ambassadeurs y sont installés, une brochette de grands patrons d'entreprises, un prince issus d'une famille royale, un ex cosmonaute belge devenu vicomte et quelques familles richissimes.
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| Un vendeur de fourage basé à Stockel à l'époque du Champ de course |
La démographie locale en quelques chiffres
Plus de 8000 habitants forment la population du quartier Sainte-Alix. C'est un quartier familial car la part des couples avec enfant s'élève à 29% contre 21% en moyenne dans la Région bruxelloise. Avec 4% d'habitants âgés de 4 à 5 ans (en 2008), le quartier enregistre le record de Bruxelles-Est. De même, la tranche 6 à 17 ans représente 15% de la population. Ceci étant, les octogénaires ne sont pas en reste avec un taux de 31%, un des plus élevés de la Région bruxelloise. A noter une présence marquée de ménages monoparentaux, soit 12%. Fort logiquement pour un quartier familial, les personnes isolées sont plutôt rares. Parmi les moins de 30 ans, elles ne sont que 2,5% contre 9,5% en moyenne à Bruxelles. Par rapport aux autres quartiers de Bruxelles-Est, la présence de ressortissant européens non belges est relativement limitée, avec 15% de ressortissants de l'Europe des 15. La part de ceux issus des nouveaux états membres est peu significative. Le taux de chômage (en 2007) n'est que de 9%. Mais 29% des chômeurs sont des jeunes, ce qui représente le plus mauvais chiffre à Bruxelles-Est. A noter que 32% des sans emplois du quartier Sainte-Alix ont un diplôme d'études supérieures, contre 11% de moyenne en Région bruxelloise. Peut-être est-ce lié au fait que la densité de bureaux dans le quartier n'est que de 1531 m2 par km2, soit une des plus faibles de la Région et même la plus faible à Bruxelles-Est.
GVODY
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