WEZEMBEEK-OPPEM - Le14 mai 2009
L’histoire de Wezembeek-Oppem aux origines
Wezembeek tire son nom d’un cours d’eau, comme beaucoup d’autres lieux. Mais avec une double particularité puisque le nom de cet affluent de la Woluwe a été changé pour devenir le Vuilbeek et aussi parce que ce dernier a disparu par assèchement de la surface de la commune. C’est dans la forêt de Soignes, du côté de Boitsfort, que l’on pourra encore apercevoir ce modeste ruisseau. Le mot Wesenbeca apparaît dès 1129. Certains ont cru devoir le traduire par le ruisseau des Orphelins (weesen) ou des Sages (wysen). Il semblerait plutôt qu’il faille faire référence au terme « winsch », tiré du moyen flamand, qui signifie « de travers ». Une traduction appropriée de Wezembeek donnera donc « ruisseau tortueux » ou encore, plus poétiquement « ruisseau qui sinue à travers les prés ».
Le particularisme de Wezembeek
Longtemps, les terres de Wezembeek demeurèrent incultes ou recouvertes de bois. En 1147, l’Abbaye du Parc, située près de Louvain, reçut une partie du bois de Varenberg qui touchait Stockel. Les chevaliers de Wezembeek qui en furent les donateurs ont beaucoup contribué au développement de cette communauté de religieux Prémontrés disciples de Saint-Norbert. Plus tard, leur famille alla s’installer près d’Anvers où ils tinrent une position élevée. La seigneurie de Wezembeek appartint ensuite à différente familles. Les chevaliers de Leeu (dont sont issus les t’Serclaes, célèbre famille bruxelloise), les Eggloy, les Vandernoot. Ces derniers obtinrent du Duc Charles Le Téméraire le droit de nommer un maire et sept jurés qu’il pouvait révoquer à volonté. De quoi faire rêver Marino Keulen … Wezembeek relevait primitivement de l’échevinage d’Erps mais la paroisse dépendait de l’église Saint Michel et Gudule à Bruxelles. On ne disait pas encore la cathédrale car celle-ci n’existait pas encore au 12ème siècle. Contrairement à d’autres localités qui appartenaient à la même entité, le droit de justice était exécuté en fonction de règles différentes. Des facilités avant la lettre, en quelque sorte.
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| L'Est de Bruxelles en 1688 (cliquer sur la carte pour l'élargir) |
De Wezembeek à Palma
En 1435, Wezembeek comptait 63 foyers. Ce fut un âge d’or si l’on compare ce chiffre au 30 foyers qui restaient en 1480 ou aux 48 foyers pointés en 1525. En 1685, on y dénombrait 28 chaumières mais aussi 2 brasseries, deux auberges et une forge. A la fin du 14èmesiècle, on cultivait la vigne. Au 16ème siècle, la seigneurie de Wezembeek et les privilèges afférents étaient dans les mains d’un certain Jérôme Boote. Le climat ne devait pas lui convenir car il partit s’installer aux Iles Canaries. Sa veuve échangera plus tard ses possessions de Wezembeek contre des terres à Palma. En 1695, Gaspard de Burbure, Commissaire aux poudres et salpêtre, se porta acquéreur. Ses descendants restèrent attachés à la commune depuis lors.
La coline des pendus
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Armes des van Ophem |
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Deux hameaux dépendent de Wezembeek depuis belle-lurette. Le premier, qui n’apparaît plus sur aucune carte, s’appelait De Hunnaert, ce qui signifierait « la terre des Huns ». Un ancien camp dressé par les soldats d’Attila, se prend-on à imaginer. L’autre reste beaucoup plus connu. C’est Oppem ou Ophem en français. Le mot est tiré du germain « Uppa » et « haima » et signifie « habitation haute », en référence au surplomb où se situe le lieu-dit. Mais c’étaient les condamnés à mort qui pouvaient apercevoir le paysage depuis le plus haut point de vue. Car au sud d’Ophem, au Galgenberg, se dressait une potence. L’abbaye de Villers qui avait reçu Ophem en cadeau d’un Guillaume de Dongelberg en 1254, avait le pouvoir de désigner des échevins distincts de Wezembbek qui appliquaient le droit en vigueur à Uccle. Y compris la peine de mort.
La belle d'Ophem
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Autoportrait d'Antoon Van Dyck
réalisé dans sa jeunesse |
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Ce souvenir lugubre est chassé par un autre mille fois plus charmant. Au tout début de sa prometteuse carrière, le grand peintre Antoon Van Dyck avait été envoyé en Italie par son maître Paul Rubens pour y apprendre la manière de Véronèse et du Titien. Partant d’Anvers, il s’arrêta en chemin entre Ophem et Saventheim (Zaventem) dont un baron du même nom lui commanda une peinture qu’il réalisa sur place. C’était un Saint-Martin partageant son manteau, une oeuvre qui se trouve de nos jours au Château de Windsor. Un Saint-Sébastien aurait sans doute mieux convenu car Ophem abritait une fameuse guilde d’archers. Frappé d’un coup de foudre pour la jeune Isabelle van Ophem, fille du seigneur du lieu, Van Dyck voulut obtenir sa main. Il n’avait que 22 ans en 1621 et elle 16 ou 17. Le père de la belle refusa fermement, encouragé dans sa sévérité par Rubens qui voyait cette idylle d’un mauvais œil. Un tableau représentant la Vierge sous les traits d’Isabelle d’Ophem a existé mais a disparu, semble-t-il au moment de l’occupation française. Pour les biographes de Van Dyck, celui-ci garda longtemps la nostalgie de son premier grand amour contrarié. Et dire qu’il n’y a même pas une rue Van Dyck à Wezembeek-Oppem pour marquer le souvenir d’un épisode aussi romantique ... Une belle histoire d’amour vaut pourtant bien une histoire de Bourgmestre. Non ?
GVODY
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Saint-Martin partageant son manteau
d'Antoon Van Dyck |
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