WOLUWE-AINT-LAMBERT - Le 21 octobre 2009
Exquises Chinoiseries en exposition à
Woluwe-Saint-Lambert
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Aquarelle de la Maison Chinoise à Oggersheim |
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Il fut un temps où le langage commun n'utilisait pas le terme "chinoiserie" pour désigner une volonté de complication abusive ou la multiplication de vaines formalités. Au XVIIIème siècle, il s'agissait seulement d'objets d'art venus de Chine. Du moins, s'ils étaient produits dans les manufactures européennes, étaient-ils "au goût chinois" tel qu'il pouvait être conçu ou fantasmé. Car la part du rêve fut belle dans l'engouement suscité par les porcelaines, les objets de laques, les meubles de "là-bas". Objets précieux, coûteux car lointains, ils furent sujet d'inspiration pour les artistes occidentaux qui n'eurent de cesse de copier les techniques chinoises et de reproduire les motifs orientalisant. Non sans y ajouter, ou plutôt y substituer, leur propre vision fascinée d'un monde sino-imaginaire peuplé de mandarins, dragons, singes ou belles aux parasols peuplant bambouseraies, pagodes et paysages de montagnes fantaisistes. Une image de la Chine apparut qui n’avait plus rien à voir avec la réalité, non moins intéressante pour autant. Les artistes anglais, français ou allemands réinterprétaient à leur façon les témoignages de ce monde lointain pour créer leur propre vision originale. Une vision révélatrice d'une époque vouée à la curiosité pour l'ailleurs. Son apogée s'intégra au courant Rococo et se poursuivit longtemps encore. Ce fut un style voué à l'asymétrie, expression de liberté et de fantaisie qui plut au siècle des Lumières. Des parcs et jardins extravagants, imprévus, remplacèrent les allées rectilignes propres au classicisme. Les objets petits et grands au style orientalisant emplissaient les salons et cabinet de curiosité. Toute une époque dont les délices s'offrirent à d'innombrables collectionneurs.
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| Gravure sanguine de Boucher |
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Aujourd'hui, ces belles chinoiseries s'offrent à nos regards dans le cadre d'Europalia Chine. Le Musée communal de Woluwe-Saint-Lambert accueille une magnifique et savante exposition organisée par le Centre Albert Marinus. Porcelaines, meubles, panneaux décoratifs, dessins, gravures, objets de la vie quotidienne présentés pour l'occasion auront pour but de montrer la diversité des sujets et des motifs de la Chinoiserie. L'ensemble est axé sur les productions de nos régions mais s'autorise quelques échappées sur les pays voisins afin de replacer le phénomène dans sa globalité. L'exposition démontre que les motifs d'inspiration chinoise n'ont jamais quitté les arts décoratifs et qu'ils sont encore présents aux XIXe et XXe siècles. Un ouvrage intitulé "Chinoiserie" rassembles les analyses de nombreuses éminences, agrémentés de superbes photographies dont la capacité à nous faire rêver n'a pas disparu.
Exposition "Chinoiseries"
Musée communal de Woluwe-Saint-Lambert 40, rue de la Charrette à 1200 Bruxelles Du 15 octobre 2009 au 3 janvier 2010 du mardi au dimanche de 12h à 17h30 (fermé le lundi). L'entrée est gratuite.
Une visite guidée de l'exposition aura lieu le dimanche 15 novembre (à 11h) et le mercredi 18 novembre à 14h). Il faut alors obtenir une réservation en téléphonant au Centre Albert Marinus (02 762.62.14).
Site web du Centre Albert Marinus : www.albertmarinus.org
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| Boite à thé en argent (1910) |
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