Le 15 mai 2011
Interview de Paul Grant
La passion des voitures anciennes
Quel est l'historique des établissements Vanderveken ?
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Paul Grant |
Mes parents ont commencé à importer du matériel militaire après la guerre. Camions, halftrack, … Il y avait un garage à Londres et un autre ici. Mon père étant d'ascendance écossaise alors que ma mère est belge. Avec le frère de ma mère, ils ont monté une carrosserie dans la ferme qui appartenait à mes grands-parents maternels. Elle se trouvait à la place du parking du métro (ndlr : entre les Etablissements Vanderveken et Wolubilis). Après la séparation de mes parents, quelques années plus tard, ma mère a commencé une entreprise de récupération de voitures accidentées, pour revendre les pièces détachées. Des accords avaient été conclus avec des compagnies d'assurancs. C'est à cette époque que j'ai rejoins l'entreprise familiale. De temps en temps, de belles voitures de collections se présentaient. On trouvait pas mal de voitures des années 30 qui étaient trop belles pour être démontées. Des FN, Talbot, Mercedes … Il y avait des Minerva, des voitures belges qui étaient aussi belles que des Rolls-Royce ou des Hispano. On les mettait dans une grange à côté de la ferme et c'est devenu un tout petit département de notre commerce. Après l'incendie de nos bâtiments, il y a cinq ans, nous n'avons conservé que les activités de réparation et de vente de voitures de collection.
Quelles sont les voitures les plus extraordinaires que vous avez eues entre les mains ?
J'ai toujours eu la passion des Bugatti. J'ai eu la chance de pouvoir en acquérir une assez jeune et je l'ai toujours. C'est un modèle Grand Prix de 1937, avec un petit moteur de 1500 cc de 65 CV. A l'époque, cette voiture qui atteint le 150 km/h était extraordinaire. Les autres voitures faisaient à peine du 100 km/h. J'ai eu la chance de pouvoir acheter 2 petites Amilcar à compresseur dont il n'existe que 30 exemplaires. Je les ai utilisées pour faire des courses historiques. C'est une autre de mes passions, les compétitions de voitures de course anciennes; elles se déroulent sur des circuits modernes comme Spa-Francorchamp ou Silverstone. J'ai aussi une Formule 1, une Trojan de 1974 qui a été pilotée par Tim Schenken, avec le fabuleux moteur Cosworth V8.
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| Une Peugeot 1925 prête à démarrer pour 15.000 € ... |
En ce moment, quelle est la voiture que vous vendez qui mérite le plus le coup de cœur ?
Nous avons notamment une Triumph TR3 qui est en état parfait. Elle est prête pour participer à tous les événements qui rassemblent des voitures anciennes. Son futur propriétaire se fera un nouveau cercle d'amis. Entre les rallyes, les rencontres, les sorties organisées, on découvre tout un nouveau monde très chouette. Dans ce milieu, on devient tous des grands amis. Personne ne reste jamais sur le bord de la route. Si on tombe en panne, il y a toujours quelqu'un qui viendra vous aider.
Posséder une voiture ancienne, c'est donc aussi avoir le plaisir de partager sa passion avec d'autres ?
Oui, il y a beaucoup de clubs et il est possible de faire des rallyes-ballades tout les weekend si on en a envie. A Woluwé, il y a par exemple l'Ecurie Val d'Or où toutes les marques et toutes les années sont admises. Il existe également une amicale où nous sommes 40 membres. Nous déjeunons ensemble tous les mardi, nous allons parfois au théâtre. Il y a une très grande convivialité entre les propriétaires de voitures anciennes. C'est un très beau monde. Tout se fait de manière très spontanée, il n'y a pas de cotisations ou de complications pour y accéder.
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| La mythique Jaguar MK II de 1961 |
Quelles sont les conditions à remplir pour être le propriétaire d'une voiture ancienne ?
A partir du moment où on achète une voiture ancienne, il faut l'immatriculer. Il y a d'abord l'immatriculation ordinaire, ce qui vous oblige à vous rendre au contrôle technique tous les ans. C'est ce que je préconise à mes clients. Ils nous confient leur voiture pour un entretien annuel, ce qui est indispensable pour conserver le véhicule en bon état de marche. Il faut compter 150 euros par an pour la taxe et l'assurance, plus environ 500 euros pour l'entretien. A partir de 5 ou 10.000 euros, vous pouvez sortir d'ici avec une voiture ancienne en parfait état de marche. Par contre, pour les voitures des années 30 et avant, il est difficile de passer le contrôle technique. Il faut alors une plaque spéciale Oldtimer qui ne nécessite pas d'aller au contrôle technique, sauf lors de l'immatriculation. Mais dans ce cas là, souvent, les gens oublient de l'entretenir. Ils se disent qu'ils roulent peu. Deux ou trois ans après, ils tombent en panne. Une voiture ancienne non entretenue, même si elle reste dans un garage, même sans beaucoup rouler, ce n'est pas bon. De plus, la plaque Oldtimer ne vous permet pas de rouler après le couché du soleil. Vous ne pouvez faire que des essais dans un rayon de 25 km autour de chez vous. Ou alors rouler dans des rallyes dûment autorisés Une voiture ancienne apporte surtout le plaisir de la conduite. Lorsque vous pilotez une voiture ancienne, vous êtes paisible. Elle vous rend visible de tous. Les autres automobilistes ont l'attention attirée par votre voiture, ce qui est une bonne chose sur le plan de la sécurité..
Lorsqu'on vous apporte une voiture ancienne qui est en mauvais état, jusqu'où peut aller une restauration ?
On peut tout faire de A à Z. On démonte la voiture entièrement, jusqu'au châssis tout nu et on la remonte en restaurant chaque pièce. Le client retrouve une voiture totalement remise à neuf. Cela peut durer un an ou deux. On le fait pour de belles pièces de collection. Ou pour des voitures familiales que l'on veut conserver pour des raisons sentimentales. Nous le faisons en ce moment pour une grosse Lincoln, qui va être très belle mais qui ne vaudra pas autant que les frais investis.
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| Une AC Ace Bristol de 1956 ... |
Comment classeriez-vous les catégories de clients de voitures anciennes ?
Il y a des gens qui collectionnent les petites voitures, les voitures anglaises de sport, les voitures françaises. En général les collectionneurs s'intéressent à une seule nationalité ou alors à une seule marque dont ils veulent posséder tous les modèles. Il y a aussi les amateurs qui n'ont qu'une seule voiture ancienne. Ceux-là ne la vendront jamais. Ils en sont amoureux et les autres ne les intéressent pas. Leur voiture est comme une maîtresse. Mais c'est mieux qu'une maîtresse. Quant aux épouses, soit elles suivent leurs maris dans les rallyes, soit elles sont jalouses .... Sinon, j'ai des clients de tout âge. Même des jeunes qui s'intéressent maintenant à des Golf GTi, des Triumph Spitfire. Souvent des cabriolets, comme des Talbot Samba ou des Golfs première série. Des voitures pas très chères. Et c'est bien.
Propos recueillis le 29 avril 2011
par Gauthier van Outryve d'Ydewalle
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| Paul Grant à côté d'une Amilcar |
Vers le site des établissements Vanderveken : www.vdvgrant.be
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