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AUDERGHEM - Le 14 juin 2010

 

 

 

Auderghem se fait très parisienne pour la saison théâtrale

 

 

Comme chaque année, le Centre culturel d'Auderghem relance en septembre le concept "Paris-Théâtre. Et la commune de Bruxelles-Est acquiert un petit air parisien. Entre octobre 2010 et avril 2011, pas moins de sept pièces qui ont été à l'affiche à Paris viennent à nous. Pas besoin de Thalys pour s'offrir le plaisir d'un spectacle d'un niveau de qualité digne de l'un des principaux centre de culture au monde. L'occasion nous est donnée de venir applaudir des grands noms du spectacle en France. Dont quelques monstres sacrés. Richard Berry, Guy Bedos, Jean Piat, Francis Huster, Isabelle Gélinas, Macha Meril, vous connaissez ?

 

La façade du Centre culturel d'Auderghem à l'ombre de la Tour Eiffel ...

 

 

"Premier Amour" du 18 au 24 octobre 2010

 

   

Pour mettre en scène et interpréter la pièce de Samuel Beckett, un virtuose. Samy Frey, l'acteur à la voix si profonde qu'il parvient d'emblée à toucher le spectateur dans son for intérieur. Interpellés, par ce texte de l'auteur d'En attendant Godot, vous le serez sans doute. Déstabilisés, par son humour noir, jusqu'à en rire pour évacuer votre malaise, vous le serez aussi. Sami Frey ne vous concèdera aucune chance de vous échapper de la fascination qu'exerce sa présence sur scène. Même entre les mots, il reste un espace pour les hésitations, les sourires esquissés, les agacements dans le souffle. Tout cela va vous scotcher. Venez voir cette pièce qui raconte la description glacée d'un premier et unique amour. Sans hésitation si vous connaissez déjà l'acteur. Absolument s'il vous reste à le découvrir. Pour l'avoir vu à Avignon en 2008 dans une pièce qui servait de point d'orgue au Festival, il n'y a pas à en douter.

 

"Qui est Mr Schmitt ?" du 22 au 28 novembre 2010

 

   

En tête d'affiche de cette comédie, Richard Berry. Encore une bête de scène dont la présence est si forte que vous ne pourrez résister à entrer dans cette histoire totalement surréaliste. Monsieur et Madame Bélier sont en train de dîner dans leur appartement lorsque le téléphone sonne. Or, ils ne sont pas abonnés au téléphone. On demande Mr Schmitt. Mais qui est-ce ? Faisant basculer toutes ses certitudes, il semble que ce soit lui. Tout l'indique, en tout cas. Le psychiatre, interprété par Sébastien Thiery, crée le doute sur son état mental. La panique s'installe. Entre fantastique et loufoque, la pièce soulève la question de savoir qui nous sommes réellement. Mais tout cela se déroule dans la légèreté et l'amusement. Irrationnel, oui merci. Cela fait parfois du bien de décoller.

 

"L'illusion conjugale" du 13 au 19 décembre 2010

 

   

Un couple décide de jouer carte sur table et de s'avouer ses infidélités. Interprétés par Jean-Luc Moreau et Isabelle Gélinas, mari et femme vont se retrouver dans le même piège. Envahit l'un et l'autre par la jalousie, il entament un scène de ménage qui va devenir hilarante. Elle la joue très finement, entraînant froidement son époux volage dans une spirale de doute. Il en devient vert de rage. Isabelle Gélinas que l'on vu récemment dans la Rafle, est ici d'une délicieuse sournoiserie. Jean-Luc Moreau est aussi le metteur en scène de la pièce, ce qui lui a valu une nomination aux Molière 2010. Depuis Les Rois maudits, où il interprétait le jeune banquier lombard Lucio Baglioni, Jean-Luc Moreau est devenu un expert dans l'art de distraire. Il a mis en scène des dizaine de comédies, dont récemment le dernier "Dîner de cons" avec Régis Laspalès. C'est une garantie sûre de rire.

 

"Dom Juan" du 17 au 23 janvier 2011

 

   

Jean-Pierre Bernard est Dom Juan. Cet ancien membre de la troupe de Jean-Louis Barrault est passé maître dans l'art d'interpréter les tous grands rôles. Othello, le Cid ou Hamlet, cela ne lui pèse jamais trop sur les épaules. Ce n'est pas par hasard que Robert Hossein, un habitué des productions colossales, a fait appel a lui pour une dizaine de ses spectacles. Le Dom Juan de Molière est un classique parmi les classiques. Bien servi par de bons acteurs, c'est toujours un moment de théâtre qui vaut la peine. Même si l'adaptation de Cyril le Grix, qui ampute le texte original d'une heure, a suscité quelques petites restrictions dans les critiques de plusieurs journaux français.

 

"Le voyage de Victor" du 14 au 20 février 2011

 

   

C'est le fils de Guy Bedos, Nicolas, qui met en scène cette histoire romantique de Victor, l'amnésique, joué par son père qui s'affirme ici aussi bon comédien qu'humoriste. Face à Macha Meril, Guy Bedos va devoir retrouver le chemin de sa mémoire. Mais qui est cette femme qu'il découvre auprès de lui après un accident qui lui a fait perdre la mémoire ? Et est-il vraiment amnésique ou simplement dans le déni. Si oui, le déni de quoi ? Le suspens demeurera entier jusqu'au bout de la pièce. Tout en délicatesse, le texte vous tiendra en haleine en attendant le coup de théâtre final. Subtile, la pièce parle d'amour. Le couple Bedos-Meril y parvient excellemment.

 

"La monnaie de la pièce" du 14 au 20 mars 2011

 

   

Pas de saison parisienne qui tienne sans une pièce de boulevard de bonne facture. Le genre portes qui claquent et répliques du tac au tac. Avec des acteurs qui se lâchent et qui s'amusent en nous faisant rire aux éclats. Ici, Didier Caron incarne Bob Smith, patron névrosé à la dérive qui voit son univers de certitudes s’écrouler quand il apprend la faillite de son entreprise, « Joujoubois ». L'acteur est poilant avec son zozotement de circonstance. Pendant une heure trente, Bob Smith multiplie les  mensonges extravagants en faisant preuve d'une totale mauvaise foi. Entre sa femme névrosée et sa jolie banquière dubitative, c'est la grande foire d'embrouille. L'huissier envahit la maison, le déménageur n'en peut plus et son meilleur pote est là pour fiche encore plus la pagaille. La belle-mère s'en mêle, machiavélique. C'est l'enfer au paradis des zygomatiques.

 

"La traversée de Paris" du 25 au 30 avril 2011

 

   

Francis Huster relève un fameux pari en reprenant très fidèlement le texte original de Marcel Aymé. L'on se souviendra du film inspiré très librement de sa nouvelle et interprété par Jean Gabin et Bourvil. Au cinéma, cela donnait une comédie qui s'écartait beaucoup de la dimension tragique de l'épopée aymésienne. Francis Huster doit convaincre avec toute autre chose que ce que le spectateur connaît. Et il le fait en solo. Il interprète douze rôles à lui seul, faisant d'un monologue un duodécalogue. C'est aussi une performance physique car il s'y donne à fond. Il avait déjà porté le procédé d'une lecture à plusieurs voix pour un autre texte puissant, La Peste de Camus. Francis Huster met en valeur la très grande qualité du texte d'un très grand auteur. Marcel Aymé met en lumière une France qui, pendant l'occupation allemande, n'était pas très reluisante. Francis Huster n'a pas froid aux yeux lorsqu'il remplit la scène de sa présence, sans décor ni personne pour lui donner la réplique. Et il y parvient totalement. Un exploit étonnant et une expérience forte en perspective.

 

S'abonner pour la saison entière ?

 

Pour une belle place d'orchestre qui vous permettra d'assister aux sept pièces, comptez 255 euros de frais d'abonnement. Si la corbeille vous convient, le prix descend à 196 euros. Pour les moins de 26 ans, les tarifs sont particulièrement attractifs (entre 91 et 161 euros selon la place). Voilà une idée de cadeau à s'offrir ou à offrir à quelqu'un qu'on aime. Voir une bonne pièce théâtre, cela fait toujours du bien. Si vous souhaitez acheter des places pour seulement l'une ou l'autre représentation, il vous faudra attendre fin août.

 

 

GVODY

 

 

 

Infos et réservations : http://www.cc-auderghem.be

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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